merinos

Prononciation : mé-ri-nos'
Nature : s. m.

1Mouton de race espagnole dont la laine est très fine. Un mérinos. Les mérinos.
C'est seulement vers le milieu du siècle dernier qu'arrivèrent pour la première fois dans la péninsule hispanique ces brebis à soyeuses toisons qui ont fait la fortune de Ségovie, et c'est en souvenir de ce qu'elles étaient venues par mer qu'on les appela moutons maritimes, ovejas marinas ; c'est de ce dernier mot que nous avons fait celui de mérinos , le Siècle, 13 et 14 juin 1859, 3e p. 6e col. Adjectivement et invariable. Bélier mérinos, brebis mérinos.
2Étoffe faite avec de la laine de mérinos. Un beau mérinos. Il y a dans l'espagnol merino, qui, substantif, signifie juge, inspecteur des troupeaux et faisant la répartition des pâturages, et, adjectif, signifie errant, passager, en parlant des troupeaux qui changent de pâturage ; d'où merino, troupeau qu'on fait changer de pâturage, lana merina, la laine de ce troupeau. Cela détruit l'étymologie empruntée au Siècle, laquelle n'est qu'un jeu d'esprit. Merino vient du bas-latin majorinus (dérivé de major, voy. MAIRE), et signifie proprement un juge, puis, particulièrement, un juge de la transhumance des troupeaux, d'où un adjectif merino, relatif aux troupeaux de transhumance, et finalement un mouton de race spéciale. MÉRINOS. - ÉTYM. Ajoutez : Bien que l'étymologie latine qui est donnée paraisse bien établie, cependant il faut noter ce renseignement :
Les traces du mérinos se rencontrent dans maintes tribus [de l'Algérie], et il n'est pas improbable que ce soit des environs de Tlemcen, où existe encore la tribu des Beni-Merin, que soit partie la fameuse race des mérinos qui, après avoir fait la fortune de l'agriculture espagnole, a fait celle des régions les plus sèches de la France et de l'Allemagne , TISSERAND , Rapp. au maréchal Vaillant, Monit. univ. 8 avril 1868, p. 494, 1re col.