LOUVOYER

Prononciation : lou-vo-ié ; plusieurs disent louvoi-é. L'y se change en i toutes les fois qu'il est suivi d'un e : l
Nature : v. n.

1Terme de marine. Porter le cap d'un côté, et puis revirer de l'autre, pour ménager un vent contraire et ne pas s'éloigner de la route qu'on veut tenir.
Le vent étant devenu contraire, ils furent obligés de louvoyer, dans l'espérance qu'il changerait , LESAGE , Diable boit. ch. XV, dans POUGENS
2Fig. Prendre des détours pour arriver à un but où l'on ne peut aller directement.
Quand il ne s'agit que d'aller contre le vent, on louvoie , J. J. ROUSS. , Ém. I
Je l'entendis seulement qui me disait quelques mots pour m'engager à retarder mon départ, à écrire à mon père que j'étais malade, enfin à louvoyer avec sa volonté , STAËL , Corinne, XII, 1 Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
XVIe s.
Aians mis hors la voile latine et le trinquet, ils s'esloignerent aisement des autres qui ne pouvoient s'approcher qu'aux lis du vent, et aloveant , D'AUB. , Hist. II, 301
De là viennent à demie lieue de Mahomette, et n'aiant pas la mer commode, loveent en attendant les raports de Vinceguerre , D'AUB. , ib. III, 511
Danois, lovere ; suédois, lofva et lofvera. La seule forme un peu ancienne que l'on possède est loveer et même aloveer, elle se rapproche tout à fait du danois, et elle écarte loup : aller à la manière des loups. Outre que ce sens serait bien peu satisfaisant, on sait que beaucoup de nos termes de marine proviennent des langues du nord. On a dit aussi, au XVIe siècle, une mer louve pour une mer mauvaise (voy. l'historique du mot LOUVE) ; mais louvoyer n'est pas aller par une mer mauvaise.