LIMIER

Prononciation : li-mié ; l'r ne se prononce et ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des li-mié-z excellents
Nature : s. m.

Grand chien qui sert à la chasse des grosses bêtes, telles que le cerf, le sanglier, etc. surtout pour les lancer hors de leur fort, ou pour achever de les tuer, lorsque, étant forcées elles se défendent trop bien contre les chiens de meute. Le limier ne parle pas. Fig. Celui qui ambitionne, poursuit quelque chose, comme fait le limier pour le gibier.
Cette convoitise des offices et états (curée autrefois réservée aux nobles limiers) est devenue plus âpre depuis que tous y peuvent prétendre , P. L. COUR. , 2e lettre.
Fig. Les limiers de la police, les agents de police.
Don Côme, s'étant aperçu du larcin et de la fuite de son confident, eut recours à la justice, qui dispersa de toutes parts ses limiers pour découvrir le voleur , LE SAGE , Diable boit. ch. 7, dans POUGENS
XIIIe s.
Quant vous serés oltre les prés Seürement, amis, cornés [sonnez du cor], Dont verés venir liemiers, Et chiens gentils, et bons levriers , Partonop. V. 1789
Provenç. liamer, liamier ; du lat. ligamen, lien, comme l'indique l'ancienne forme trisyllabique liemier : proprement le chien tenu en laisse. Cette étymologie, donnée par Diez, écarte celle de Ménage, qui indiquait limen, le seuil, parce que le limier commence la chasse ; ni le sens ni la forme ne conviennent.