LICTEUR

Prononciation : li-kteur
Nature : s. m.

Nom de douze sergents d'armes de l'ancienne Rome, qui marchaient devant les consuls ou le dictateur, portant des haches enveloppées dans des faisceaux de verges, et toujours prêts à délier les faisceaux, pour fouetter les criminels ou leur trancher la tête ; ils allaient sur une ligne un par un et à quelque distance l'un de l'autre ; ils faisaient faire place au magistrat. Le consul avait douze licteurs, le dictateur en avait vingt-quatre. Par extension, satellite, avec l'idée d'une obéissance passive et du meurtre commandé et exécuté.
Il [Fouquier Tinville] parle : ses licteurs vers l'enceinte fatale Traînent les malheureux que sa fureur signale , V. HUGO , Odes, I, 3
XIVe s.
Il print avecques soy douze licteurs, c'est à dire douze serjans d'armes , BERCHEURE , f° 9, verso.
XVIe s.
Ils lioient et garrotoient incontinent ceulx qu'il commandoit ; or les Latins disoient anciennement ligare, pour lier, d'où vient que les huissiers et sergens sont appellez lictores ; toutefois il me sembleroit vraysemblable de dire, que l'on y auroit adjouté un c, et que paravant ils s'appelloient litores sans c, pour ce que ce sont les mêmes que les Grecs appellent liturgos , AMYOT , Rom. 41
Lat. lictorem.