LICOU

Prononciation : li-kou
Nature : s. m.

1Harnais de tête, en cuir ou en corde, servant à attacher les solipèdes à la mangeoire, au poteau, ou à les assujettir.
Le premier qui vit un chameau S'enfuit à cet objet nouveau ; Le second s'approcha, le troisième osa faire Un licou pour le dromadaire , LA FONT. , Fabl. IV, 10 Par extension.
Ni le licou qu'on appelle cordon d'un ordre, ni même les soupers avec un philosophe qui a gagné cinq batailles [le roi de Prusse], ne me pourraient donner un grain de bonheur , VOLT. , Lett. Devaux, 8 mai 1751
Fig.
Tout cela pouvait être flatteur, mais nous tirait par le licou où nous ne voulions pas , SAINT-SIMON , 273, 192
Il fallut mener ces bêtes de somme [les peuples] par les licous qu'elles s'étaient faits elles-mêmes , VOLT. , Philos. Examen import. 34
2Corde pour pendre quelqu'un.
Il y porte une corde, et veut avec un clou Au haut d'un certain mur attacher le licou , LA FONT. , Fabl. IX, 14
Confus, désespéré, je suis prêt à me pendre. - Heureusement pour vous, vous n'avez pas un sou Dont vous puissiez, monsieur, acheter un licou , REGNARD , le Joueur, IV, 13
On dit aussi licol (qui n'est plus usité qu'en poésie), particulièrement quand il se trouve devant un mot commençant par une voyelle.
Elle dit qu'on allât quérir Barcé, de Sichaeus nourrice ; Car la sienne, mise en justice Pour avoir fait à Tyr un vol, Avait fini par un licol , SCARR. , Virg. IV
XVIe s.
Ordonnant que celles qui se trouveroient ainsi pendues [à Milet] fussent traisnées du mesme licol toutes nues par les villes , MONT. , II, 29
Lier, et col ; bourguig. licô.