LAMENTATION

Prononciation : la-man-ta-sion ; en vers, de cinq syllabes
Nature : s. f.

1Plainte accompagnée de gémissements et de cris. On n'entendait que lamentations. 2Expression de douleur et de regret.
Mme du Plessis le vint voir [Brisacier] de Fresnes, pour faire les lamentations de la rupture de son marché , SÉV. , 7oct. 1676
3Les lamentations de Jérémie, sorte de poëme que ce prophète a fait sur la ruine de Jérusalem.
Jérémie lui-même, qui seul semble être capable d'égaler les lamentations aux calamités, ne suffirait pas à de tels regrets , BOSSUET , Reine d'Angl.
LAMENTATION, PLAINTE. La plainte peut n'être qu'un seul gémissement ; un malade qui souffre fait parfois entendre des plaintes sans rien articuler. Au contraire, dans la lamentation, il y a outre les gémissements, des paroles exprimant la douleur. De plus la plainte se rapporte aussi bien à des souffrances physiques qu'à des souffrances morales ; la lamentation ne se rapporte guère qu'à des souffrances morales : la douleur physique arrache des plaintes non des lamentations. XIVe s.
Et puis il s'en fui au riche roi Pieron ; De sa femme lui fist tel lamentation [plainte], Dont on la fist mourir ainsi que vous diron , Guesclin. V. 6890
XVe s.
Un livre couvert de veloux noir, nommé les lamentations monseigneur sainct Bernard , Bibl. des ch. 6e série, t. I, p. 363
XVIe s.
Ils disoient en leurs cris et lamentations.... , MONT. , I, 14
Ilz envoyerent faire leurs doleances et lamentations aux Lacedemoniens , AMYOT , Péricl. 56
Provenç. lamentation, catal. llamentació ; esp. lamentacion ; ital. lamentazione ; du lat. lamentationem, de lamentari, lamenter.