LAI

Prononciation : lè
Nature : s. m.

Dans le moyen âge, sorte de petit poëme racontant en vers de huit syllabes une aventure merveilleuse prise dans les légendes. Je fis jadis chansons et lais ; Avec joie alors je chantais ; Aujourd'hui mourant de regrets, C'est mon chant de mort que je fais, CREUSÉ DE LESSER, la Table ronde, ch. XIII (d'après un ancien lai rajeuni par M. de Tressan). Il s'est dit, par extension, de toute espèce de petit poëme.
Vers la fin de la fête, des troubadours chantaient des lais d'amour , CHATEAUB. , Gén. IV, V, 4
XIIe s.
D'un dous lai d'amor De Blancheflor, Compains, [je] vous chanteroie , Romanc. p. 66
Jamais par moi n'ert [ne sera] leüs vers ni lais , Couci, XXII
XIIIe s.
Issi [ainsi] avient, cum dit vus ai ; Li Bretun en firent un lai De Equitan, cum il fina, E la dame qui tant l'ama , MARIE , Equitan.
Lais d'amors et sonnés cortois Chantoit chascun en son patois, Li uns en haut, li autre en bas , la Rose, 707
XVIe s.
Et au livre que je vous donne, Qui est plain de laiz et ballades , ST-GEL. , 138
Provenç. lais, lays ; angl. lay ; du celtique : kymri, llais, son, mélodie ; gaélique, laoith ; comparez le bas-latin leudus, sorte de chant guerrier qui se trouve dans Fortunat, et l'allemand Lied, chanson.