JUREUR

Prononciation : ju-reur
Nature : s. m.

1Terme de droit coutumier. Celui qui prête serment.
On le crut ; car qui ne croirait Un jureur qui si bien jurait ? , SCARR. , Virg. VII Dans l'histoire de la révolution française. Prêtre qui prêtait serment à la constitution civile du clergé.
2Celui qui jure beaucoup par mauvaise habitude ou par emportement.
Le prince ne souffre pas les impies, les blasphémateurs, les jureurs, les parjures, ni les devins , BOSSUET , Polit. VII, V, 15
XIIe s.
Li reis dist que dous cenz lais [gens laïques] li fera jurer, Chevaliers e proveires [prêtres] ; dunc respundi li ber Qu'il li fereit assez des jureurs trover , Th. le mart. 107
XVIe s.
J'avais un jour un valet de Gascogne... Pipeur, larron, jureur, blasphemateur , MAROT , Ép. au Roy.
Dissolus en paroles, jureurs de Dieu , LANOUE , 118
Je ne crains pas tant un muletier joueur que imbecille, ny un cuisinier jureur qu'ignorant , MONT. , I, 218
Jurer ; provenç. juraire, jurador ; esp. jurador ; ital. giuratore ; du lat. juratorem, qui vient de jurare, jurer. Dans le provençal, juraire est le nominatif du lat. jurátor, et jurador le régime du lat. juratórem ; en français, jurere, jureor.