JOUVENCEAU, ELLE

Prononciation : jou-van-sô, sè-l'
Nature : s. m. et f.

Adolescent, adolescente, avec l'idée de grâce ou de plaisanterie qu'emporte un diminutif. Une aimable jouvencelle.
Passe encor de bâtir ; mais planter à cet âge, Disaient trois jouvenceaux, enfants du voisinage , LA FONT. , Fabl. XI, 8
Ah ! qu'il est beau Le jouvenceau ! , MOL. , Pastor. comique, sc. 2
À la prude qui se gêne Pour lorgner un jouvenceau , BÉRANG. , Enfers.
Accours dans ma nacelle, Gentille jouvencelle , JOUY et H. BIS , Guill. Tell. On dit aussi jouvencel au masculin.
Qu'il fasse mieux ce jeune jouvencel, à qui le Cid donne tant de martel , CORN. , Rondeau contre Scudéry.
XIIe s.
E li jovenciel furent oscis [tués] des glaives des ennemis , Machab. I, 2
En quel chose amende juvenceals sa veie ? en guarder les tues paroles [tes paroles] , Liber psalm. p. 183
Tost furent esfremi e viel e juvencel La novele espandue del saint martir novel, Qui giseit el mustier ocis sur le quarrel , Th. le mart. 154
XIIIe s.
Mes cambrelens [mon chambellan] por li [elle] ala ; Un jovencel o lui [elle] trova Dormant.... , Fl. et Bl. V. 2733
Deux jovenciaux [il] trova au port, Où mener soloit son deport , RUTEB. , II, 110
XVIe s.
Argent frais et nouveau ruine le jouvenceau , COTGRAVE ,
Provenç. jovencel, jovenselh ; ital. giovincello ; du lat. fictif juvencellus, diminutif de juvenis (voy. JEUNE). Dans l'ancien français, au nominatif singulier li jovenciaus, au régime le jovencel ; au pluriel nominatif li jovencel, au régime les jovenciaus.