INIMITABLE

Prononciation : i-ni-mi-ta-bl'
Nature : adj.

Qui ne peut être imité, qu'on ne saurait imiter.
Elles [les femmes] ont un enchaînement de discours inimitable, qui se suit naturellement et qui n'est lié que par le sens , LA BRUY. , I
Corneille ne peut être égalé dans les endroits où il excelle, il a pour lors un caractère original et inimitable , LA BRUY. , ib. Il se dit aussi des personnes.
Il faut imiter au commencement pour devenir inimitable , COSTAR , dans RICHELET
On représenta, le jour suivant, le Nicomède de l'inimitable monsieur de Corneille , SCARR. , Rom. com. II, 18
Et ils auraient été l'un et l'autre inimitables, si le père [le Tellier] n'eût eu le fils [Louvois] pour successeur, et si le fils n'eût eu le père pour exemple , FLÉCH. , le Tellier.
Les excellents ouvrages de l'inimitable Racine n'avaient point encore paru, les véritables routes du coeur étaient ignorées , VOLT. , Comm. Corn. Rem. Othon, V, 7
Avec la préposition à. La nature a des beautés inimitables à l'art.
XVIe s.
Outrecuidé, qui du dieu souverain, En galoppant dessus un pont d'airain, Contr'imitoit l'inimitable orage , DU BELLAY , IV, 56, recto.
La haulteur inimitable d'aucunes ames heroïques , MONT. , I, 263
Le roi, qui s'en alloit execrable à son peuple, se rend inimitable aux devotions , D'AUB. , Hist. II, 330
Ces beaux mots amoureux, ces traits inimitables, Qui fléchiroient l'acier des coeurs plus indomptables , BERTAUT , Dern. amours de Desportes, dans DESPORTES
Lat. inimitabilis, de in.... 1, et imitari, imiter.