inferer

Prononciation : in-fé-ré. La syllabe fé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'infère, excep
Nature : v. a.

Tirer une conséquence de quelque proposition, de quelque fait.
Je ne voulais pas inférer de toutes ces choses que le monde ait été créé en la façon que je proposais , DESC. , Méth. V, 3
On infère de là qu'il n'a rien donné qu'après sa mort , PATRU , Plaidoyer 3, dans RICHELET
Tous les jours sa clarté [du soleil] succède à l'ombre noire, Sans que nous en puissions autre chose inférer Que la nécessité de luire et d'éclairer , LA FONT. , Fabl. II, 13
J'infère de ce conte Que la plus forte passion C'est la peur , LA FONT. , ib. IX, 15
Quand ils [les protestants] infèrent, par des conséquences qu'ils prétendent tirer de notre doctrine, que nous ne savons pas assez reconnaître la gloire souveraine qui est due à Dieu... , BOSSUET , Expos. de la doctr. de l'Égl. 2 Absolument.
Son âme pense, raisonne, infère , LA BRUY. , XI
S'inférer, v. réfl. Être inféré. Il s'infère de là que....
INFÉRER, CONCLURE. Inférer est tirer une conséquence. Conclure est aussi en tirer une ; mais cette conséquence est la dernière, la conclusion du raisonnement, ce que inférer n'implique pas. De plus, conclure s'emploie très bien quand il y a certitude. On conclut une proposition d'un syllogisme, on ne l'infère pas. Inférer laisse du doute. De cent expériences on infère une proposition que la centunième détruirait peut-être. XVIe s.
Ils deffendent les donations entre le mari et la femme ; voulants inferer par là que tout doibt estre à chascun d'eulx , MONT. , I, 215
Il y a trois principaux offices et differences d'entendement, inferer, distinguer, eslire , CHARRON , Sagesse, I, 14
Lat. inferre, inférer, proprement mettre dans, insérer dans, de in.... 2, et ferre, porter.