IMPERFECTION

Prononciation : in-pèr-fè-ksion ; en vers, de cinq syllabes
Nature : s. f.

1État de ce qui n'est point achevé, parfait. L'état d'imperfection dans lequel cet ouvrage est resté.
Il est évident qu'il n'y a pas moins de répugnance que la fausseté ou l'imperfection procède de Dieu en tant que telle, qu'il y en a que la vérité ou la perfection procède du néant , DESC. , Méth. IV, 7
N'est-ce pas un argument infaillible et très certain d'imperfection en ma connaissance, de ce qu'elle s'accroît peu à peu et qu'elle s'augmente par degrés ? , DESC. , Médit. III, 19
2Ce qui fait qu'une personne ou une chose n'est point parfaite. Imperfection de corps. Imperfection d'esprit. Défaut. On doit supporter les imperfections de ses amis. Les imperfections qui déparent un ouvrage, un écrit. Corriger une imperfection. 3Ancien terme de librairie. Toutes les feuilles imprimées qui, ne suffisant pas pour faire un volume parfait, sont mises au rebut. On dit maintenant défets. 4Terme d'ancienne musique. Soustraction de la troisième partie de la valeur d'une note. IMPERFECTION, DÉFAUT. L'imperfection est un manque de perfection ; le défaut est proprement un manque, une défaillance ; il tient à la nature de l'homme, mais l'imperfection peut tenir à sa volonté. Dans le sens où ces deux mots sont synonymes, imperfection est un euphémisme de défaut ; mais le sens est le même : il faut supporter les imperfections de nos amis ou leurs défauts, donne une seule et même idée. XIIe s.
Et qui seroit nuls ki osast dire k'ele [la créature] por ceste imperfection ne duist [dût] venir à salveteit ? , ST BERN. , p. 544
La meie [mienne] imperfectiun virent li tuen oil [tes yeux] , Liber psalm. p. 216
XIVe s.
Sour [sur] imperfection de ceste oeuvre , Hist. littér. de la Fr. t. XXV, p. 52
XVIe s.
Et quant aux imperfections, l'un estoit ambitieux et l'autre opiniastre , AMYOT , Flamin. et Philop. 2
N'est-ce pas un singulier tesmoignage d'imperfection [chez l'homme], ne pouvoir r'asseoir notre contentement en aulcune chose ? , MONT. , I, 385
La vieillesse est une maladie necessaire et puissante, qui nous charge imperceptiblement de plusieurs imperfections , CHARRON , Sagesse, I, 36
Lat. imperfectionem, de in négatif, et perfectio, perfection.