GUILLEDOU

Prononciation : ghi-lle-dou, ll mouillées et non ghi-ye-dou
Nature : s. m.

Usité seulement dans cette locution : courir le guilledou, aller la nuit dans des lieux suspects.
Car souvent, moins sage que fou, Il va courir le guilledou , SCARRON , Gigantom. XI
XVIe s.
Avisez [vous Henri IV] à choisir, ou de complaire à vos prophetes de Gascogne et retourner courir le guildrou, ou à vaincre la Ligue, qui ne craint rien tant que votre conversion , D'AUB. , Hist. III, 22
Pour ce mari de louage, Ce coureur de garouage, Ce trotteur de guilledou , PERRIN , Poésies, p. 214, dans LACURNE
Picard, guilledon. Guilledou, d'après Ch. Nisard, est une altération de guilledin (voy. ce mot), et courir le guilledou, c'est courir sur le guilledin, et fig. aller en de mauvais lieux. L'exemple de Perrin est très favorable à cette étymologie, qu'on doit adopter. GUILLEDOU. - ÉTYM. Ajoutez : D'après M. Bugge, Romania, III, p. 151, guilledou représente un mot norois kveldulfr, de kveld, soir et ulfr, loup : loup du soir, et est l'équivalent de garou, loup-garou. Les intermédiaires manquent trop (il n'y a pas de texte au delà du XVIe siècle), pour qu'on fasse autre chose qu'enregistrer l'étymologie proposée par M. Bugge.