GUEUSE

Prononciation : gheû-z'
Nature : s. f.

1Masse de fonte brute, de forme triangulaire, qui se moule dans le sable à la sortie du creuset du haut fourneau.
Défend aux dits maîtres de forges de convertir les dites gueuses en fer sans auparavant les avoir fait peser , Arrêt du Conseil, 4 juin 1639
Ordinairement, on fait, au bout de douze heures, ouverture au creuset ; la fonte coule comme un ruisseau de feu dans un long et large sillon où elle se consolide en un lingot ou gueuse de quatre cents à deux mille livres de poids , BUFF. , Min. t. IV, p. 23
2Moule en forme de gouttière que l'on fait dans le sable pour recevoir la mine fondue. 3Terme de marine. Morceau de fonte de fer qui est destiné à lester le navire. Il y a des gueuses de 25 kilogrammes, et d'autres de 50 kilogrammes. XVIe s.
Les pieces de fer fondu qui se tirent des fourneaux sont appelées guises , COQUILLE , dans JAUBERT, Glossaire.
Génev. guise (prononcé ghize) ; Berry, guise ; milanais, ghisa ; de l'allem. Guss, fonte, de giessen, verser, couler ; Gusseisen, fer de fonte. 1. GUEUSE. Ajoutez : - REM. La forme triangulaire n'est pas caractéristique des gueuses de fonte. Elles peuvent avoir de tout autres formes. Ancien terme de jeu de billard. Être en gueuse, avoir de la gueuse, se dit, dans un billard où il y a une passe, lorsque, les deux billes étant du même côté de la passe, celle du joueur est placée de façon que l'une des branches du fer l'empêche de pousser sa bille en ligne droite sur l'autre. C'est sans doute gueuse, féminin de gueux, pris figurément pour exprimer une contrariété. Petite étoffe de laine qui se fabrique en Flandre, et que l'on appelle plus communément picote. Sorte de dentelle.
La bisette, la gueuse, la mignonnette, la campane formaient primitivement des dentelles en fil de lin pur plus ou moins fin , Journ. offic. 7 janv. 1876, p. 172, 2e col.