GROUILLER

Prononciation : grou-llé, ll mouillées, et non grouyé
Nature : v. n.

1Terme familier. Se remuer.
Et l'on demande l'heure et l'on bâille vingt fois Qu'elle grouille aussi peu qu'une pièce de bois , MOL. , Mis. Il, 5 (l'édit. de 1682, faite après la mort de Molière, a : qu'elle s'émeut autant).
Vous ne grouillez pas ? , MOL. , Comtesse, 8 La tête lui grouille, se dit d'une personne à qui la tête tremble de vieillesse ou par faiblesse.
Est-ce que madame Jourdain est décrépite ? et la tête lui grouille-t-elle déjà ? , MOL. , Bourg. gent. III, 5
2Il se dit du bruit des flatuosités dans les intestins. Les boyaux lui grouillent. 3Fourmiller. Ce fromage grouille de vers. Les vers grouillent dans ce fromage. Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. XVIe s.
.... et leur en faire gouster, non pas rosti, ains tout grouillant et fretillant, pour leur donner plus de plaisir , MARG. , Nouv. X
Ces cavités estoient remplies de vers grouslans et mouvans , PARÉ , VIII, 22
Semblablement des asnes, quand ilz vienent aussi à putrefaction, grouillent des escharbots , AMYOT , Agis et Cléom. 74
Ilz ont groulé par dessus ma teste despuis trois heures au matyn , PALSGR. , p. 693
Arbre groulant [s'agitant, agité] , DELAPORTE , Epithètes.
Grouler des pois ou febves [les faire cuire sur des charbons] , OUDIN , Dict.
Picard, grouiller, s'affaisser, en parlant d'une berge ; Berry, groûler, grouller, remuer, mouvoir. Diez le tire de l'anc. haut-allem. grubiôn, fouiller, ou crewelôn, grouiller, démanger. Mais les emplois effectifs du verbe grouiller en paraissent faire une forme dérivée de crouler ou crouller (voy. CROULER), qui, dans l'ancien français et encore aujourd'hui dans certains lieux, signifie agiter, remuer. On remarquera que grouiller, dans l'historique, est récent ; ce qui convient à un verbe ancien (crouler) qui a pris une forme populaire.