GRELUCHON

Prononciation : gre-lu-chon
Nature : s. m.

Terme familier et libre. Amant favorisé secrètement par une femme qui se fait payer par d'autres.
Sitôt que la brave Fanchon Voit aux prises son greluchon, Elle vous prend à la cravate Le beau mignon... , les Porchecherons, III, p. 147, dans F. MICHEL, Argot
On pourrait bien à l'aventure Choisir un autre greluchon, Plus Alcide pour la figure, Et pour le coeur plus Céladon, Mais quelqu'un plus aimable ? non , VOLT. , Ép. 26
La tête me tourne ; je ne sais comment faire avec les dames, qui veulent que je loue leurs cousins et leurs greluchons , VOLT. , Lett. Cideville, 30 mai 1745
Le page [Chérubin dans le Mariage de Figaro] est, pour bien dire, un fieffé libertin, Protégé par Suzon, fille plus que rusée, Prenant aussi sa part du gentil favori, Greluchon de la femme et mignon du mari ; Quel bon ton ! quelles moeurs cette intrigue rassemble ! , Épigr. contre Beaumarchais, aux premières représentations du Mariage de Figaro
D'après le Dictionnaire de Trévoux, il vient de grelu qui se dit en Bourgogne et ailleurs pour pauvre, misérable, de peu de valeur ; on ne sait d'où vient grelu, à moins qu'il ne soit pour grêlé. D'après Fr. Michel, Argot, c'est le nom de Saint Greluchon ou Guerluchon, auquel les femmes venaient demander la fécondité, et dont il est parlé dans H. Estienne, Apol. pour Hérodote, t. II, p. 253, la Haye, 1735.