GRANDEMENT

Prononciation : gran-de-man
Nature : adv.

1Avec grandeur. Les grandes choses doivent être grandement exprimées. Il a fait les choses grandement, se dit d'une personne qui n'a pas épargné la dépense, qui a payé avec générosité. 2Beaucoup. Il est grandement temps qu'on s'occupe de cette affaire.
Il lui reste une chose qui m'inquiète grandement pour lui , HAUTEROCHE , Crispin méd. II, 9 Largement, en abondance. Il a grandement de quoi vivre.
XIIe s.
Li reis Yram de Tyr truvad al rei Salomun mairen de cedre e de sap e de cyprès, e or granment à faire les ovres del temple e de sun demeine paleis , Rois, p. 268
XIIIe s.
Puis ne tarda mie granment, après que il leur avint une autre mesaventure, qui mout fu grans , VILLEH. , CXXII
Au bois avec les bestes, dont i avoit granment , Berte, XCV.
Nous oïsmes conter de certain, qu'il avint, n'a pas gramment, que uns gentix hons espousa une serve.... , BEAUMANOIR , XLV, 29
XIVe s.
En nous traiant bien loing et grandement arriere de tel pechié, nous pourrions venir au moien et à la vertu , ORESME , Eth. 54
XVe s.
Regardons la soubtilleté de l'entendement de nostre prince, comment gramment s'estendy à comprendre et concepvoir toutes choses , CHRIST. DE PISAN , Charles V, III, 5
Grandement adomagié , DU CANGE , absorbere.
Ung lymousin vint à Paris Pour aulcuns procès qu'il avoit ; Quand il partit de son pays, Pas grammant d'argent il n'avoit , VILLON , 2e repue franche.
XVIe s.
Mais certes il se deult grammant De t'ouir irreveramment Parler d'une telle princesse , MAROT , II, 201
Hannibal, estimant grandement sa prouesse, le laissa aller sans payer rençon , AMYOT , Marcel. 14
On use mal aussi de plusieurs adverbes à la cour, comme je vous aime horriblement, on dit mesme grandement petit , D'AUB. , Faen. III, 22
Norm. granment : pic. granment, granmeint ; Berry, granment ; provenç. granmen ; esp. et ital. grandemente. Granment, dans l'ancienne langue et les patois vient de grant, et le suffixe ment, suivant la règle qui veut que l'adjectif qui n'a qu'une seule terminaison pour le masculin et le féminin en latin, se comporte de même dans l'ancien français ; grandement vient de grande, et le suffixe ment, suivant l'usage qui a tantôt réformé et tantôt conservé ces sortes d'adverbes.