GLORIOLE

Prononciation : glo-ri-o-l'
Nature : s. f.

Petite gloire qu'on tire de petites choses.
On nous apprend l'inutile et on nous laisse ignorer le plus important ; nous avons besoin de citoyens parvenus par une longue habitude à être justes, doux, humbles, patients, polis, discrets et généreux, qui sachent pardonner les injures, qui se connaissent en vraie gloire et qui la recherchent, qui méprisent les distinctions de vanité ou les glorioles, qui fassent plus de cas des grands talents et des grandes vertus que des grands biens de la fortune , ST-PIERRE , Discours préliminaire de ses annales politiques
S'applaudir d'être plus puissant que les autres, c'est une vanité, c'est une gloriole ; mais la vraie gloire, la grande gloire, c'est de faire le meilleur usage qu'il est possible de la supériorité de sa puissance , ST-PIERRE , Annales politiques.
Les affaires furent retardées par ces prétentions et ces refus que les Romains nommaient gloriole, que tout le monde condamne quand on est sans caractère, et sur lesquels on insiste dès qu'on en a un , VOLT. , Ann. Emp. Ferdinand III, paix de Vestphalie.
La fumée de la gloriole m'ayant plus étourdi que flatté , J. J. ROUSS. , Confess. XI
L'abbé de St-Pierre est l'auteur d'une expression qui commence à prendre faveur ; c'est le mot de gloriole, si bien adapté à cette vanité puérile qui ne vit, si on peut parler de la sorte, que de la fumée la plus légère et la plus prompte à s'exhaler , D'ALEMB. , Éloge de l'abbé de St-Pierre
Ma petite gloriole d'auteur fut si satisfaite de se rencontrer auprès de la grande gloire de Lacédémone, que... , CHATEAUBR. , Itin. 1re part.
Lat. gloriola, diminutif de gloria, diminutif que, comme on a vu, l'abbé de St-Pierre a le premier introduit en français.