FRAI

Prononciation : frè
Nature : s. m.

1Action de frayer, acte de la fécondation chez les poissons. Le frai des poissons. Le temps du frai, l'époque où les poissons frayent. 2Oeufs fécondés par le frai. 3Petits poissons pour peupler. Mettre du frai dans un étang. 4Se dit aussi des oeufs de quelques ovipares aquatiques, comme la grenouille, le crapaud.
Le père et la mère [des butors] les nourrissent, dans les premiers temps, de sangsues, de lézards et de frai de grenouilles, et ensuite de petites anguilles , BUFF. , Ois. t. XIV, p. 164, dans POUGENS
XIVe s.
Les poissons laissent leur froiz es herbes , Ord. des rois, t. VII, p. 779
Les pescheurs detruisent toute la froie , ib.
Mais faictes comme font gens saiges, Pour veoir aultres bariolaiges Au fray des dragons et serpens En hayneuses amours grouppans , Traité. d'alch. 111
XVIe s.
Après on guetta le gros poisson au fray, à quoi fut pris Antoine, roi de Navarre, par Rouet, Louis de Bourbon par Limeul , D'AUB. , Conf. I, 9
Par attrition et fray [frottement] d'une pierre contenue aus dits reins , PARÉ , XV, 52
Frai, ou froi, ou froie, de l'ancien verbe froier, frotter ; du lat. fricare, frotter (voy. FRICTION) ; ital. fregolo et fregola, de fregare, frotter ; angl. fry. Terme de monnayage. Diminution de poids des monnaies par l'effet du frottement et de la circulation de main en main. Il semble que c'est le même que le précédent, frai au sens de frottement ; cependant il y a eu sans doute quelque confusion entre frai, frottement, et frai ou mieux frait, usure de la monnaie ; car, dans le latin du moyen âge, cette usure ne se rend pas par fricare, mais par fractus, déchet, de frangere, briser : pro fractis monetarum, pro fractu monetae, DU CANGE, fractus.