FORFANTERIE

Prononciation : for-fan-te-rie
Nature : s. f.

1Acte de violence (sens aujourd'hui inusité).
....On vint ici faire une brouillerie ; Vous rentrâtes, voyant cette forfanterie ; Et, pour vous protéger, je vous suivis soudain , CORN. , l'Illusion, IV, 4
2Caractère du forfante, et caractère des choses que fait le forfante.
Que d'affectation et de forfanterie ! , MOL. , Tart. III, 2
Sans découvrir encore au peuple la forfanterie de notre art , MOL. , Am. méd. III, 2
Quelque mépris que le régent eût pour les forfanteries du maréchal, il en était quelquefois piqué, et avait été deux ou trois fois près de l'exiler ; mais la dernière incartade combla la mesure , DUCLOS , Mém. Rég. Oeuv. t. VI, p. 142, dans POUGENS
XVIe s.
.... et disoit des forfanteries les plus agreables du monde , D'AUB. , Faen. IV, 10
....Et tant d'autres forfanteries [crimes] et meschancetées qu'il a attribué à nos gens d'Eglise , D'AUB. , ib. IV, 11
... Forfanteries inventées pour confondre l'oeuvre et se rendre admirables [il s'agit des moyens employés par les chercheurs de sources] , O. DE SERRES , 757
Ital. furfanteria, action de coquin, de furfante (voy. FORFANTE) ; espagn. farfantoneria. Scheler a pensé que ce mot ne venait pas de l'italien, à cause que l'italien a un sens différent, et il a indiqué le wallon forfer, dépenser, ou le wallon forvanter, se vanter outre mesure. Mais le sens italien du mot se trouve dans les exemples du XVIe siècle ; il n'y a donc là que le passage d'une acception à une autre.