FLEURER

Prononciation : fleu-ré
Nature : v. n.

Répandre, exhaler une odeur. Cela fleure bon.
Il fleurait bien plus fort, mais non pas mieux que roses , RÉGNIER , Sat. X Cela fleure comme baume, cela sent très bon ; et fig. cela doit être avantageux, lucratif. Sa réputation fleure comme baume, ne fleure pas comme baume, il a une excellente réputation, une mauvaise réputation.
Au XVIIe siècle il n'y avait aucune distinction, pas plus qu'auparavant, entre fleurer et flairer :
J'y consens, qu'elle coure, aime l'oisiveté, Et soit des damoiseaux fleurée en liberté , MOL. , Éc. des maris, I, 2 On dirait aujourd'hui flairée.
XVe s.
Mauvoise odeur m'est plus fleurant que basme , CH. D'ORL. , Ball. 104
XVIe s.
Vous convient estre saiges, pour fleurer, sentir et esti mer ces beaulx livres de haulte gresse , RAB. , Garg Prol.
L'ouïr, le fleurer, ou un aultre sens , MONT. , II, 303
L'un d'eux avoit empoisonné un oeillet, lequel il bailla à fleurer à son compagnon , PARÉ , XXIII, 10
Autre forme de flairer ; seulement la langue s'est servie de la différence des deux formes pour, laissant à flairer le sens actif, donner à fleurer la signification neutre d'avoir une bonne odeur. FLEURER. - ÉTYM. Ajoutez : Il est dit que fleurer est une autre forme de flairer. Il est certain que le changement de ai en eu est difficile. Aussi M. Ascoli, Zeitschr. für vergl. Sprachforsch. t. XVII, p. 318, rattache fleurer à l'anc. franç. flaveur, qui est devenu en anglais flavour. Mais, à son tour, quelle est l'origine de flaveur ? On ne peut y voir qu'un dérivé d'un lat. fictif fragrorem (de fragrare), qui a donné flaeur, fleur, d'où fleurer (voy. FLAIRER).