FLAGORNER

Prononciation : fla-gor-né

1V. a. Flatter souvent et bassement. Il flagorne ses supérieurs.
Es-tu un prince pour qu'on te flagorne ? , BEAUMARCH. , Mar. de Fig. IV, 10 Absolument. Il va flagorner aux oreilles de son maître.
J'appris par ce succès de mon tardif coup d'essai à ne plus me mêler de vouloir flagorner et flatter malgré Minerve , J. J. ROUSS. , Confess. X
Après quoi ledit Paul sera détenu ès prisons de Paris.... aussi longtemps qu'il conviendra pour l'entière satisfaction desdits courtisans, gens de cour, flatteurs, flagorneurs flagornant par tout le royaume , P. L. COUR. , Aux âmes dévotes.
2Se flagorner, v. réfl. Se flatter bassement l'un l'autre. XVe s.
Helas ! sire, Chacun n'a pas si fain de rire, Comme vous, ni de flagorner , Patelin
XVIe s.
C'est tout le meme langaige que mondict maistre a flagorné aux oreilles du duc de Nevers , CARLOIX , V, 2
D'après Leduchat, que Diez approuve, ce mot vient de flatter et de corner ; mais il paraît plutôt être une altération de flageoler, par l'intermédiaire de flagot ou flagol, flûte (voy. FLAGEOLER). Le sens ancien est bavarder, dire à l'oreille ; ce sens est aussi un des sens de flageoler ; mais la syllabe fla, qui semble se rattacher à flatter, a été peut-être une des causes qui lui ont fait prendre le sens actuel.