FICELLE

Prononciation : fi-sè-l'
Nature : s. f.

1Petite corde, faite de plusieurs fils de chanvre et servant à lier de petits paquets, à faire des filets, etc.
Notre malheureux [pigeon] qui, traînant la ficelle Et les morceaux du lacs qui l'avait attrapé, Semblait un forçat échappé , LA FONT. , Fabl. IX, 2 Fig. Tenir la ficelle ou les ficelles, faire mouvoir à son gré des personnes ; locution tirée de la ficelle avec laquelle on fait mouvoir les pantins.
Dornier, qui paraît tenir les ficelles de ces mannequins, s'est chargé de tout raccommoder , CH. DE BERNARD , un Homme sérieux, § XX
Populairement. On voit la ficelle, c'est-à-dire on voit comment la chose s'est faite. De là, les ficelles d'un art, les procédés dans ce qu'ils ont de matériel, de grossier. Les ficelles dramatiques. Cet auteur connaît les ficelles du métier. Populairement encore, une ficelle, un escroc, un filou. Méfiez-vous de lui, c'est une vraie ficelle.
2Terme de chapelier. Marque qu'a faite la ficelle au bas de la forme du chapeau lorsqu'on l'a enficelé. 3Terme de manége et par plaisanterie. Cheval faible, défectueux. XVIe s.
Qui presupposera une fiscelle egualement forte partout, il est impossible qu'elle rompe, car par où voulez-vous que la faulsée commence ? , MONT. , II, 389
Pic. fichelle, frinchelle. Diez le tire du latin filum, fil, par une forme filicellum, avec changement de genre, comme pour cervelle, de cerebellum. Cela est possible ; cependant on remarquera que le mot est écrit fiscelle, et paraît avoir été rapproché de fiscella, petit panier tressé de jonc ou d'osier. FICELLE. 1Une ficelle, un escroc, un filou. Ajoutez : Cadet Rousselle a trois garçons ; L'un est voleur, l'autre est fripon, Le troisième est un peu ficelle, Il ressemble à Cadet Rousselle, Chanson populaire. 4Populairement. Rôti à la ficelle, se dit d'une pièce qu'on a fait rôtir sans rien de ce qu'il faut pour faire un rôti ; locution prise sans doute des chasseurs qui, effectivement, font souvent rôtir une pièce en la suspendant à une ficelle. 5Populairement. Déménager à la ficelle, déménager en descendant ses meubles par les fenêtres à l'aide de cordes, pour frustrer le propriétaire. 6Populairement. Dormir à la ficelle, se dit des garnis où l'on loge à la nuit, et où le logeur entasse ses hôtes, qui dorment sur des espèces de lits de camp séparés entre eux par une ficelle tendue à un mètre environ au-dessus du sol, et à laquelle on suspend soit un mauvais rideau, soit les hardes des dormeurs. 7Terme de sport ou de maquignon. Mauvais cheval.
Il est toujours très dangereux de chercher à atteindre d'un seul coup la perfection : c'est ainsi que l'on arrive à produire des élèves décousus, des ficelles ; au lieu d'aller en avant, on marche à reculons , Journ. offic. 25 janv. 1874, p. 742