FERRAILLER

Prononciation : fè-râ-llé, ll mouillées, et non fe-râ-yé
Nature : v. n.

1Frapper des lames de sabre ou d'épée les unes contre les autres ou contre quelque autre objet, de manière à faire du bruit.
Lui [la Châtre] toujours à crier : les voilà, à moi ! marche ici ! et choses pareilles, et toujours à estocader et à ferrailler , SAINT-SIMON , 216, 165
2Terme d'escrime, avec un sens péjoratif. Tirer mal, contre les principes. 3Il se dit, en un sens opposé, des spadassins, des querelleurs qui ne cherchent que l'occasion de se battre à l'épée.
Tant mieux, c'est où je brille, et j'aime à ferrailler , REGNARD , Fol. amour. I, 7
J'aime à dormir le jour, puis à courir la nuit, à jurer, à médire, à ferrailler, à battre , DESTOUCHES , Irrésolu, II, 10
Ferrailler à la moindre petite insulte personnelle , SAINT-FOIX , Ess. Paris, Oeuvres, t. III, p. 221, dans POUGENS
Les fers une fois engagés, je n'ai plus songé qu'à ma besogne ; elle était rude ; car Deligny tire au moins de ma force ; nous avons donc ferraillé noblement , CH. DE BERNARD , la Peau du lion, § XI Par extension, faire la guerre comme un spadassin tire l'épée.
N'est-ce pas un autre grand défaut dans Pyrrhus de n'avoir suivi aucune règle dans l'entreprise de ses guerres, de s'y être livré aveuglément, sans réflexion, sans cause, par tempérament, par passion, par habitude, par impuissance de se tenir en repos, et par pure incapacité de faire autre chose que ferrailler, qu'on me pardonne cette expression ? , ROLLIN , Hist. anc. Oeuvres, t. VII, p. 427, dans POUGENS
Il laisse à une nation belliqueuse comme la française le soin de ferrailler envers et contre tous , D'ALEMB. , Lett. à Voltaire, 6 avr. 1674
Fig. Disputer fortement. Ils s'engagèrent dans une discussion et ferraillèrent longtemps.
Me voilà comme Ajax, ferraillant dans l'obscurité , VOLT. , Lett. Prusse, 37
Ferraille.