FAUVETTE

Prononciation : fô-vè-t'
Nature : s. f.

Passereau du genre sylvie, dont le plumage tire sur le fauve dans certaines espèces.
La fauvette fut l'emblème des amours volages, comme la tourterelle de l'amour fidèle , BUFF. , Ois. t. IX, p. 172, dans POUGENS
La fauvette à tête noire est de toutes les fauvettes celle qui a le chant le plus agréable et le plus continu ; il tient un peu de celui du rossignol, et l'on en jouit bien plus longtemps, car plusieurs semaines après que ce chantre du printemps s'est tu, on entend les bois résonner partout du chant de ces fauvettes , BUFF. , ib. p. 185 Dans la zoologie, fauvette ne sert qu'à désigner la sylvie des jardins. Fauvette, nom donné par Buffon à la sylvie Orphée ; fauvette des Alpes, à l'accentor alpin ; fauvette babillarde, à la sylvie curruque de Latham ; fauvette des roseaux, à la sylvie polyglotte de Vieillot (sylvie Hippolaïs, de Temminck), LEGOARANT. Fig. Dénicheur de fauvettes, homme adroit et d'intrigue, surtout en affaires de femmes. Fig. Chanteuse agréable. C'est une vraie fauvette. On dit aussi : Elle a un gosier de fauvette.
Richelet donne le masculin fauvet, dû, dit-il, au chevalier de Rivière, auteur d'un recueil de pièces galantes. XIIIe s.
De roxingnox [rossignols] et de fauvetes, Fabliaux , BARBAZAN , t. IV, p. 91
XVIe s.
Je connois une grande et habile dame qui fist bailler l'ordre à son mary et l'eut luy seul avec les deux plus grands princes de la chrestienté ; elle lui disoit souvent : Ha ! mon amy, que tu eusses couru longtemps fauvette [sollicité en vain], avant que tu eusses eu ce diable que tu portes au col ! , BRANT. , Dames gal. t. I, p. 133, dans LACURNE
Nous serions bien sottes, dit la femme d'un petit avocat, de porter de moindres estoffes que cela ; ce que nous en faisons donne d'avantage de courage à nos maris de travailler et plumer la fauvette sur le manant, pour nous entretenir , Caquets de l'accouchée, 1re journée
Diminutif de fauve ; wallon, fâbitte, fâbette ; namur. faubite ; génev. favette ; lorrain, fâvatte.