FANTASQUE

Prononciation : fan-ta-sk'
Nature : adj.

1Sujet à des fantaisies.
[Charon] Pousse les uns, frappe les autres, Et ne passe que qui lui plaît, Le fantasque animal qu'il est , SCARR. , Virg. VI
Vive, étourdie, capricieuse folle par la tête, sage par le coeur, bonne par tempérament, méchante par caprice ; voilà en quatre mots le portrait de la reine ; Fantasque était son nom : nom célèbre qu'elle avait reçu de ses ancêtres en ligne féminine et dont elle soutenait dignement l'honneur , J. J. ROUSS. , Reine Fantasque.
L'enfant, sans la communication des pensées d'autrui, ne serait que stupide ou fantasque, selon le degré d'inaction ou d'activité de son sens intérieur matériel , BUFF. , Nature des anim. Il est fantasque comme une mule, se dit d'une personne très fantasque. Terme de manége. Cheval fantasque, cheval qui a des caprices.
2Bizarre, extraordinaire en son genre. Habit fantasque.
Le gascon approuvant fort ses raisons, ils prirent quelque fantasque sujet de se quereller dans les Tuileries , Francion, liv. VII, p. 286
Sur les fantasques airs d'un rêveur de musique , CORN. , Excuse à Ariste.
Quoi ! mes pères, on ne pourra se moquer des passages d'Escobar et des décisions si fantasques et si peu chrétiennes de vos autres auteurs, sans qu'on soit accusé de rire de la religion ! , PASC. , Prov. X
3S. m. et f.
...La fantasque inégale, Qui, m'aimant le matin, souvent me hait le soir , BOILEAU , Sat. X
Il y a des nuances entre avoir des fantaisies et être fantasque : le fantasque approche beaucoup plus du bizarre , VOLT. , Dict. phil. Fantaisie. Il y a de quoi contenter les fantasques, se dit quand on donne à choisir entre plusieurs choses différentes.
XVe s.
Tu monstres bien, o cueur seulet, que tu es tout fantasque , GERSON , dans le Dict. de DOCHEZ.
XVIe s.
Il m'enfante tant de chimeres et monstres fantasques, que.... , MONT. , I, 33
Plusieurs mesprisent ce mesnage, comme fantasque [incertain], penible, despensier , O. DE SERRES , 460
.... Et tenus pour fantasques et philosophes , CHARRON , Sagesse, I, 45
Le latin fantasticus, avec l'accent sur ta, aurait donné, dans l'ancienne langue, fantasche ; c'est probablement ce mot qui est devenu fantasque.