EMBUSQUER

Prononciation : an-bu-ské
Nature : v. a.

1Mettre en embuscade. Il embusqua une troupe déterminée.
Quoi ! nous conduisons au gibet un malheureux que l'indigence embusque sur un grand chemin.... et l'on fera grâce à un brigand infiniment plus dangereux , RAYNAL , Hist. phil. XVIII, 14
2S'embusquer, v. réfléchi. Se mettre en embuscade.
Le cerf est doux, tranquille ; il ne s'embusque point dans l'épaisseur des forêts pour y commettre un crime , SAINT-FOIX , Ess. Paris, Oeuvres, t. IV, p. 241, dans POUGENS
Au delà de ce lac, vos surveillants fidèles Ont cru voir s'embusquer plusieurs de ces rebelles , LEMIERRE , G. Tell, IV, 7 Par extension, se cacher pour attendre quelqu'un au passage. Embusquons-nous derrière l'angle de la maison.
XIIe s.
Sur une ewe, pur aguait des suens enbuschad , Rois, p. 53
XIIIe s.
Sous une cloie s'est muciés, Et s'est tapis et embuissiés , Lai de Melion
Lors s'embuissent en la foriest , Ren. t. IV, p. 365
XVe s.
Ils envoyerent les autres compagnons embuscher en une vague abbaye et gastée , FROISS. , I, I, 131
XVIe s.
Trop me desplaist veoir trahison cachée Et embuschée aux cuers de si haulx roys, Qui font la loy et puis rompent ses droictz , J. MAROT , p. 212, dans LACURNE
Les Parthes, dit-il, sont embuschés au pied de ces montagnes-là , AMYOT , Ant. 60
En 1, et Le radical bosc (voy. BOIS) ; provenç. et espagn. emboscar ; portug. embuscar ; ital. imboscar. Les formes espagnoles et italiennes ont sans doute déterminé au XVIe siècle l'abandon de l'ancienne forme française embuscher, qui cependant a pu être en picard embusquer, et par là se confondre avec les formes italienne et espagnole.