EMBRONCHER

Prononciation : an-bron-ché
Nature : v. a.

Ranger des tuiles, des ardoises, de manière qu'elles s'emboîtent les unes avec les autres. Terme de charpenterie. Engager des pièces de bois les unes sur les autres. XIIe s.
Ne sunt pas né del ciel, n'i unt lur vos [voeux] drecié ; De terre sunt formé, vers la terre enbrunchié , Th. le mart. 127
XIIIe s.
Es vos un vilain qui venoit Parmi la lande tot à pié, En son chaperon enbrunchié , Ren. 13044
XVe s.
Et de ses mains me tenoit la teste et les yeux embrunchez et estoupez, si que je n'avoye l'aise de veoir ni oyr , AL. CHARTIER , Oeuvres, p. 263, dans RAYNOUARD, Lex.
Et estoit le dit monseigneur le connestable vestu d'une cappe de camelot, dedans laquelle il estoit fort embrunché , JEAN DE TROYES , Chroniques, 1475
Picard, embrugner, couvrir ; rouchi, embrunqué ; Berry, embrunché, engagé dans de mauvaises affaires ; provenç. embroncar, cacher, refrogner. L'ancien français embroncher, comme le provençal embroncar, a deux sens : cacher, voiler et pencher, d'où rendre triste, refrogné. Ces deux sens dérivent-ils l'un de l'autre ? Dans le second sens, Diez est disposé à voir un dérivé de pronus, penché, par une forme pronicare ; pour le premier, il ne propose rien. L'étymologie reste en effet incertaine ; mais on remarquera que les gens de métier ont conservé ce mot, qui d'ailleurs n'a pas complétement péri dans le langage vulgaire ; car les dictionnaires de cacologie signalent comme mauvaise la locution : ce chapeau vous embrunche.