EFFILER

Prononciation : è-fi-lé
Nature : v. a.

1Défaire un tissu fil à fil. Effiler une toile.
Parfiler.... c'est effiler une étoffe, la détisser fil à fil , VOLT. , Dial. 13
Je hasarde quelques conjectures au risque de faire rire celui qui effile la charpie à l'Hôtel-Dieu , DIDER. , Lett. sur la chirurg.
2Effiler les cheveux, les dégarnir en les coupant en pointe. 3S'effiler, v. réfl. Se défaire en fils. Cette toile s'est effilée. Flotter comme un effilé, comme une frange.
Sa chevelure qui s'épanche, Au gré du vent prend son essor, Glisse en ondes jusqu'à sa hanche, Et là s'effile en franges d'or , LAMART. , Harm. II, 10
Ef- pour es- préfixe, et fil de lin ou de chanvre ; provenç. esfilar ; ital. sfilare. Terme de chasse. Énerver, fatiguer. Effiler les chiens. XVIe s.
Donne moy les faveurs de l'attique oraison, Ou clos ma voix de tenebreux silence ; Effile mon cerveau de subtile raison, Ou le sommeil sur ma paresse elance , Poésies de LOYS LE CARON, f° 70, dans LACURNE
Un jour qu'elle estoit au sermon, elle ouyt le prescheur qui s'effiloit [se fatiguait à] d'alleguer l'escriture , Moyen de parvenir, p. 107, dans LACURNE
Es- préfixe, et fil, dans le sens de tranchant ; comme on ne donne le fil qu'en limant, diminuant, effiler a pris le sens d'user, fatiguer. EFFILER. Ajoutez : 4Terme de filature. S'effiler, se dit des fils de laine qui n'ont pas reçu une torsion suffisante.
Si le fil n'a pas reçu une torsion suffisante, ou s'il n'a reçu qu'un tordage trop rapidement fait, s'il s'effile, - c'est le terme employé en filature, - on a du fil très mauvais qui ne permet pas d'obtenir un tissage régulier , Enquête, Traité de comm. avec l'Anglet. t. III, p. 76