DUVET

Prononciation : du-vé ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, l's se lie : les du-vè-z-et.... ;
Nature : s. m.

1Nom donné aux premières plumes dont se couvre le jeune oiseau, et qui ne se perdent jamais complétement. Quelques oiseaux, tels que le canard, l'oie, l'eider, etc. conservent beaucoup de duvet ; on le recueille chaque année pour en faire des coussins. Oreiller de duvet. Duvet d'autruche, dit autrement laine-ploc ou poil d'autruche, dont il y a deux sortes : 1° le fin d'autruche, qui est employé par les chapeliers dans la fabrique des chapeaux communs ; 2° le gros d'autruche, qui sert à faire les lisières des draps fins destinés à la teinture en noir. Par extension, lit de plume.
Là, parmi les douceurs d'un tranquille silence, Règne sur le duvet une heureuse indolence , BOILEAU , Lutr. I
Grâce aux amours, bercé par l'espérance, D'un lit plus doux je rêve le duvet , BÉRANG. , Dieu des b. gens.
Fig. Les pêches sont couvertes d'un petit duvet.
Ce gazon fin qui semble faire le duvet de la terre , BUFF. , Morceaux choisis, p. 16
2Première barbe d'un jeune homme.
Guerrier de quarante ans au profil sérieux, Jeune homme au blond duvet, jeune fille aux doux yeux , V. HUGO , Crép. IV
3Poil fin et court qui croît principalement en hiver, autour des poils plus gros qui forment le pelage d'un certain nombre de quadrupèdes. 4Terme de botanique. Sorte de coton qui recouvre certaines feuilles, certaines tiges, certaines écailles des boutons des arbres. 5Terme de commerce. La matière première des cachemires. Criblures de cochenille. XIVe s.
Un bon lit de duvet, draps et couverture , Ménagier, I, 9
XVe s.
De bon duvet faictes vostre litiere , EUST. DESCH. , Poésies mss. f° 234, dans LACURNE, au mot litière.
XVIe s.
La douceur d'ycelluy dumet , RAB. , Garg. I, 13
Normand, deumet ; bas-lat. duma ; du germanique : allem. Daune ; danois, dyne ; angl. down. Ces formes germaniques auraient dû donner dunet ; mais il est survenu une double altération de la consonne en m et en v.