DOUILLE

Prononciation : dou-ll', ll mouillées, et non dou-ye
Nature : s. f.

La partie creuse et cylindrique de certains instruments en fer, au moyen de laquelle ils s'adaptent à un autre corps. La douille d'une baïonnette, d'une bêche. Petit tuyau soudé sur le côté d'un appareil de distillation. Nom généralement donné aujourd'hui aux cartouches toutes préparées pour les fusils de chasse qui se chargent par la culasse. Une boîte de douilles. Je fabrique moi-même mes douilles. XIVe s.
Entre les barbillons [de la flèche] et la douille du fer , Ménagier, II, 5
XVe s.
Sa lance rompit auprès de la douelle , J. de Saintré, p. 250, dans LACURNE
XVIe s.
Le fer de la lance entra tout dedans la teste avec la douille, et bien deux doigts du bois , M. DU BELL. , 607
On a indiqué l'allemand Dille, douille ; provincial, Tülle ; anc. haut-allem. tuola, tenant au latin dola, gouttière. Mais Diez a signalé la vraie étymologie : le bas-latin ductile, gouttière, de ductilis (voy. DUCTILE). An-douille a la même origine et vient du bas-latin in-ductile. Douelle ayant été dit pour douille, et douille pour douelle (voy. Nouv. cout. génér. t. II, p. 1096), il y a eu confusion entre ces deux mots. DOUILLE. Ajoutez : Douille se dit proprement du cylindre de cuivre, de toile ou de carton fermé d'un bout par un disque, qui reçoit la charge. Une douille vide. Une douille chargée. 2Au XVIIIe siècle, enveloppe des traversins, des matelas.
32 aunes 1/4 de toile demi-hollande pour 8 douilles de traversin, 120 aunes pour 8 douilles de matelas , Journ. offic. 10 fév. 1877, p. 1064, 3e col.