DOLOIRE

Prononciation : do-loi-r'
Nature : s. f.

1Hache de tonnelier, qui sert pour aplanir le bois et tailler les cerceaux.
Armé d'une doloire, et ceint d'un tablier de peau , J. J. ROUSS. , Ém. III
2Instrument de macon pour corroyer la chaux et le sable. 3Terme de blason. Hache sans manche. 4Terme de botanique. Feuilles en doloire ou dolabriformes, feuilles cylindriques à leur base, planes et élargies en dessus, épaisses d'un côté et tranchantes de l'autre. 5Terme de chirurgie. Bandage en doloire, celui dont les circonvolutions vont en biaisant, de sorte que chaque tour couvre les deux tiers du précédent. XIIIe s.
Qui dont veïst les durs vilains errer, Et doleoires et coigniées porter.... Li charois de Nymes, V. 965. Li carpentier qui après vindrent, Grans coignies en leurs coul tindrent, Doloueres et besagues Orent à leur costez pendues , Rou, dans DU CANGE, bisacuta
XVe s.
Mis en prison plus merancolieuse que mort, et plus dure que cop de douloire , G. CHASTEL. , Expos. sur vérité mal prise.
XVIe s.
.... Qu'elle eust la teste couppée comme l'on fait en France avec une espée, et non avec une dolouere à la facon d'Angleterre , CASTELNAU , 32
Les instrumens de ce mesnage [la coupe des taillis] sont doloires ou haches bien tranchantes, avec lesquelles le bois se coupera de tous costés, de peur d'en rien escorcer n'esclatter , O. DE SERRES , 808
Lat. dolabra, pour doloire ; et un mot hypothétique dolatoria, pour doleoire ou doulouere.