DOCTRINAIRE

Prononciation : do-ktri-nê-r'
Nature : s. m.

1Prêtre ou clerc séculier de la doctrine chrétienne.
Le mot de religionnaire n'est pas français ; il vient du même pays que celui de doctrinaire ; et ce fut sans doute un prédicateur gascon qui le débita le premier dans les chaires de Paris , BALZ. , Socr. chrét. Disc. 10e. Adj. Un prêtre doctrinaire.
2Terme politique introduit sous la Restauration. Homme politique dont les idées, subordonnées à un ensemble de doctrines, étoient semi-libérales et semi-conservatrices.
M. Guizot, par la nature de son esprit aussi bien que par ses antécédents, appartenait à une fraction de la chambre [en 1816] qui, tout en soutenant le ministère, s'était plus d'une fois distinguée de lui, et dont le chef reconnu, M. Royer-Collard, recevait déjà du Nain jaune réfugié [journal français créé à Bruxelles] un nom devenu célèbre depuis, le nom de doctrinaire , DUVERGIER DE HAURANNE , Histoire du gouvernement parlementaire en France, t. III, p. 534 Adjectivement. Les opinions doctrinaires.
La planète doctrinaire Qui sur Gand brillait Veut servir de luminaire Aux gens de juillet , BÉRANG. , Restaur.
XIVe s.
Philosophes cachent haults sens, Qui ne s'adressent aus enfans ; Quant citent les metaulx vulgaires, C'est par figures doctrinaires , Tr. d'alch. 562
Doctrine. DOCTRINAIRE. Ajoutez : - REM. On regarde d'ordinaire l'emploi de doctrinaire, an sens politique, comme datant de la restauration. En voici un exemple plus ancien : Messieurs les doctrinaires, pieusement attachés au divin Maury, ont ôté de dedans un beau cadre une estampe magnifique de l'Assomption, pour y placer le saint abbé qui est allé à Rome pour rougir [devenir cardinal], Lett. du P. Duchêne, 195e lettre, p. 6. Ce n'est point précisément le sens du temps de la restauration ; mais c'est un sens approchant.