DATER

Prononciation : da-té
Nature : v. a.

1Mettre la date. Dater une lettre, un contrat.
Diderot ne datait jamais ses lettres ; Mme d'Épinay, Mme d'Houdetot ne dataient guère les leurs que du jour de la semaine , J. J. ROUSS. , Confess. IX Absolument.
C'est pour vous apprendre à dater ; car la plupart des femmes datent fort mal , Mme DE MAINTENON , Lett. à Mme de R.... 11 oct. 1693
Par extension.
C'est depuis ce dîner que je puis dater sa connaissance , J. J. ROUSS. , Conf. IV
Nous datons, nous autres, notre philosophie de cent quinze mille six cent cinquante-deux ans , VOLT. , Amabed, 7e lettre.
2V. n. Avoir eu son commencement à.... Notre amitié date de ce jour.
Appréciant toute la force qu'il [l'empereur] tire du prestige de son infaillibilité, il frémit d'y porter une première atteinte ; quelle effrayante suite de guerres périlleuses dateront de son premier pas rétrograde ! , SÉGUR , Hist. de Napol. VIII, 10
De ce départ fatal date tout mon malheur , LEMERCIER , J. Shore, I, 2 Familièrement. Cet homme ne date pas d'hier, il date de loin, c'est-à-dire il y a très longtemps qu'il est né, il est très âgé ; et aussi c'est une personne âgée qui parle d'une chose arrivée dans sa jeunesse, dans son enfance. Commencer à compter d'une certaine époque. À dater de ce jour. Vos appointements dateront d'aujourd'hui.
Il y a longtemps, à dater du ministère du cardinal de Fleury et même de plus loin, qu'elles [les lettres] sont en France sans encouragement et sans considération , D'ALEMB. , Lett. au roi de Prusse, 22 août 1772
3Dater se dit, en parlant de la toilette des femmes, d'une robe, d'un châle, d'un vêtement quelconque dont les dispositions, les couleurs ou la forme attirent les yeux et l'attention, et font que l'ancienneté du vêtement se reconnaît facilement. Ne prenez pas cette étoffe ; elle datera. 4Se dater, v. réfl. Être daté. De telles pièces se datent toujours. Date. DATER. Ajoutez : 5Dater se dit, parmi les juristes, du lieu où un écrit est rédigé.
Faut-il qu'un testament soit daté du lieu où il a été fait ? , MERLIN , Répert. de jurispr. t. XXXIII, p. 382, 5e éd.