DALLE

Prononciation : da-l'
Nature : s. f.

Tablette de pierre, de peu d'épaisseur, qui sert à paver les salles à manger, les églises, les vestibules, les paliers, et les voies réservées aux piétons. Par extension.
Chacun des plus grands monts à ses flancs de granit [de Babel] N'avait pu fournir qu'une dalle , V. HUGO , Orient. 1
Oh ! lorsqu'un lourd soleil chauffait les grandes dalles Des ponts et de nos quais déserts, Que les cloches hurlaient, que la grêle des balles Sifflait et pleuvait par les airs , BARBIER , Iambes, Curée
Dans les constructions, toute substance employée en grandes lames peu épaisses.
Bas-breton, dar, dalle et évier. Tranche de gros poisson. En ce sens, darne est plus usité. XIVe s.
Despeciez saumon frais par dales cuites en eaue , Ménagier, II, 5
Origine inconnue, à moins qu'on n'y voie une altération de darne. Pierre dure qui sert à aiguiser les faux. On dit aussi dail ou daille. Peut-être dail, faux (voy. DAIL). 3. DALLE. Ajoutez :
Les meilleures dalles viennent du Lyonnais, de l'Auvergne et du Piémont ; les dalles ou dails, comme les appelle le Tarif de Lyon, payent à la douane de cette ville 27 sous du cent pesant pour l'ancienne taxation, et 6 sous pour la nouvelle réappréciation , J. SAVARY DES BRUSLONS , Dictionnaire de commerce, 1760 Les mots dalle, daille et dail sont les mêmes et se confondent.
1Terme de marine. Pièce de bois creusée pour servir de conduite ou pour couvrir des tuyaux. Petit auget qui porte la poudre, à bord d'un brûlot. 2Terme de métiers. Tuyau de cuivre conduisant le sucre de la chaudière à clarifier dans la chaudière à cuire. Gouttière de fer où les barres se rendent, dans une tréfilerie, à mesure que l'ouvrier les a travaillées sous le martinet. 3Petite auge de métal qui, bordant la toiture des édifices et recevant les eaux pluviales, les conduit par des tuyaux jusqu'à terre. On dit aussi dalot. Picard, dale, évier ; espagn. dala et adala ; portug. et ital. dala, gouttière. Origine incertaine. Frisch le tire de l'ancien haut-allemand dola, tuyau, gouttière ; mais Diez objecte le changement d'o en a, qu'il faudrait admettre. Remarquant qu'une forme espagnole a-dala offre une trace de dérivation arabe, il signale, dans l'arabe, dalla, conduire, et dalâlah, conduite ; mots qui ont pu prendre le sens de conduite d'eau.