depenser

Prononciation : dé-pan-ser
Nature : v. a.

1Employer de l'argent à quelque chose. Il ne dépense pas un sou mal à propos. Absolument. Je n'aime pas à dépenser.
Il n'y a qu'à dépenser ; les richesses nous viennent comme un torrent , FÉN. , Dial. des morts anc. 42, Pompée, César.
Il ne faut point de bourse à qui veut dépenser , REGNARD , Vendanges, 1
Il ne dépense guère en espions, se dit d'un homme qui n'est pas informé des choses qu'il lui serait important de découvrir. Fig.
La mémoire du temps passé Que j'ai follement dépensé , RÉGNIER , Stances relig.
Pour dépenser sa vie en peu d'instants.... Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans ! , BÉRANG. , Gren.
Jeunesse aux jours dorés, je t'ai donc dépensée , V. HUGO , F. d'aut. 36
2Se dépenser, v. réfl. Être dépensé. L'argent se dépense vite en voyage. Autant dépense chiche que large ; quand on se met en frais, il n'en coûte pas plus de bien faire les choses que de les faire mal. Vaugelas dit que de son temps dépendre (voy. DÉPENDRE 3) et dépenser sont usités, mais que dépendre se dit plus à la cour, et dépenser à la ville. Ménage et Th. Corneille constatent que dépendre est tombé en désuétude. Quant à Malherbe, voici ce que Racan rapporte dans sa Vie de Malherbe : " Un jour M. de Bellegarde, qui était, comme l'on sait, Gascon, lui [à Malherbe] envoya demander lequel était le mieux dit de dépensé ou dépendu ; il répondit sur-le-champ que dépensé était plus français, mais que pendu, dépendu, rependu, et tous les composés de ce vilain mot qui lui vinrent en la bouche, étaient plus propres pour les Gascons. " XVe s.
Et tous despensant si largement qu'il sembloit que argent leur plust des nues , FROISS. , I, I, 66
XVIe s.
Ils m'empeschoient de dormir, me despensoient en fauconniers et en hongres.... , D'AUB. , Faen. I, 5
Dépense ; provenç. despensar ; anc. espagn. despesar.