declamation

Prononciation : dé-kla-ma-sion ; en poésie, de cinq syllabes
Nature : s. f.

1L'art de la prononciation dans les discours publics, avec les accompagnements de la contenance et des gestes. La déclamation des acteurs sur le théâtre [chez les anciens] était composée et écrite en notes qui déterminaient le ton qu'il fallait prendre, ROLLIN, Hist. anc. Oeuvres, t. XI, 1re part. p. 263, dans POUGENS (Cette assertion de Rollin repose sur une erreur ; il ne paraît pas que les anciens aient pu jamais noter les paroles comme nous notons un récitatif). L'art de la déclamation. Il a du talent pour la déclamation. 2Chez les Romains, exercice qu'on faisait faire aux jeunes gens, pour les disposer à l'éloquence du barreau.
Déclamation est un mot connu dans Horace et encore plus dans Juvénal ; il ne le fut point à Rome avant Cicéron et Calvus ; on appelait ainsi des compositions par lesquelles on s'exerçait à l'éloquence , ROLLIN , Hist. anc. Oeuvres, t. XI, 2e part. p. 692, dans POUGENS.
Le grand Pompée s'appliqua très sérieusement à la déclamation peu avant les guerres civiles, pour se mettre en état de répondre à Curion , ROLLIN , ib. p. 694 Dans l'ancienne université, composition dont le régent était auteur et qu'il faisait réciter, à un certain jour, à ses écoliers en présence des camarades et des parents.
3Emploi vicieux d'expressions et de phrases pompeuses. Tomber dans la déclamation.
Vous trouverez, à la fin de l'article Goût, des réflexions sur l'application de l'esprit philosophique aux matières de goût, où j'ai tâché de mettre de la vérité sans déclamation ; car je déteste la déclamation , D'ALEMB. , Lett. à Volt. 28 janv. 1757 Discours, écrit plein de recherche et d'affectation et vide de choses. Ce discours n'est qu'une ennuyeuse déclamation.
Il faudrait remplir l'action [d'une tragédie] d'une infinité de déclamations où l'on ferait dire aux acteurs tout le contraire de ce qu'ils devraient dire , RAC. , Brit. 1re préface.
Discours injurieux, violent. Son plaidoyer ne contient que des déclamations contre sa partie. Les déclamations de la place publique.
4Terme de musique. Art de rendre, par les inflexions de la voix et le nombre de la mélodie, l'accent grammatical et l'accent oratoire convenables aux paroles. DÉCLAMATION, DÉBIT, RÉCITATIF. Le mot déclamation pris dans un sens restreint, signifie le ton et les inflexions de voix de celui qui déclame. En ce sens il ne s'applique guère qu'aux passages élevés et passionnés en prose et en vers. On dit plutôt le débit quand il s'agit de morceaux d'un caractère simple et aisé, et le récitatif si l'énonciation se fait suivant les degrés de l'échelle musicale. La déclamation diffère du simple débit en ce que l'on appuie davantage sur les syllabes sonores ou muettes, sur les liaisons, sur les accents toniques, et que par conséquent l'on fait mieux sentir le rhythme du discours. Lat. declamatio, de declamare, déclamer.