COTE

Prononciation : ko-t'
Nature : s. f.

1Terme d'administration. La part imposée à chaque contribuable. Cote mobilière. Cote foncière. Payer sa cote. 2Cote mal taillée, arrêté de compte approximatif. Il a fait de tout cela une cote mal taillée.
Le régent demanda l'avis à Besons, qui barbouilla et qui proposa une cote mal taillée , SAINT-SIMON , 426, 152 Locution prise de marquer la cote, ce qui était à payer, sur un morceau de bois auquel on faisait une entaille.
3Terme de finance. Indication du prix des effets publics, des valeurs de bourse, du change, etc. 4Marque alphabétique ou numérale servant à classer chaque pièce d'un procès ou d'un dossier. Ces pièces sont sous la cote A, la cote B. La couverture même. 5Terme d'arpentage. Chiffre qui, dans les nivellements, indique les différences de niveau. XVIe s.
Cela fit faire une cotte mo-taillée de capitulation, tellement que le capitaine Mathieu ne laissa pas d'en faire la guerre depuis , D'AUB. , Hist. II, 290
Tous heritages, tant fiefs que mains fermes, venus et escheus par succession soit de ligne directe ou collateralle, sont reputez patrimoniaux, et doivent en succession tenir et suivre la cotte et ligne de celuy duquel primitivement ils viennent , Coustum. génér. t. II, p. 853
Provenç. cota, cotta ; catal. quota ; espagn. cota, cuota ; du latin quota pars, quelle partie (voy. QUOTE). Dans d'Aubigné, cotte mo-taillée est pour cotte mal taillée, mal, dans ces sortes de compositions, se prononçant mau, comme dans mau-clerc (mal-clerc). 1Terme d'anatomie. Os plat et courbé, situé obliquement sur les parties latérales de la poitrine et articulé en arrière avec les vertèbres, et en avant directement ou indirectement, avec le sternum. Il s'est cassé une côte. Vraies côtes, celles d'en haut qui se joignent au sternum. Fausses côtes, ou côtes flottantes, celles d'en bas qui n'aboutissent point directement à cet os. Il a les côtes en long, se dit d'un homme bizarre, capricieux, qui ne fait rien comme les autres, et aussi d'un homme paresseux. Familièrement. Rire à s'en tenir les côtes, rire excessivement. Par exagération. Rompre les côtes à quelqu'un, le battre à outrance. Fig. Cette affaire a une côte rompue. V. ROMPU. Mesurer les côtes à quelqu'un, le battre à coups de bâton, de plat d'épée, etc. On dit populairement dans le même sens : tricoter les côtes. On lui compterait les côtes, se dit d'une personne, d'un animal très maigre. Nous sommes tous de la côte d'Adam, nous avons tous une même origine.
Ce marquis indocile, Qui.... Croit que Dieu tout exprès d'une côte nouvelle A tiré pour lui seul une femme fidèle , BOILEAU , Sat VIII
Et si, durant un jour, notre premier aïeul, Plus riche d'une côte, avait vécu tout seul, Je doute, en la demeure alors si fortunée, S'il n'eût pas prié Dieu d'abréger la journée , BOILEAU , ib. X
Il s'imagine être de la côte de saint Louis, il se croit issu d'une très noble race.
Que voulez-vous donc dire avec votre gentilhommerie ? Est-ce que nous sommes, nous autres, de la côte de saint Louis ? , MOL. , Bourg. gentilh. III, 12
Fig. Serrer les côtes à quelqu'un, le presser vivement, le poursuivre avec chaleur. Côte à côte, loc. adv. Tout à côté l'un de l'autre. Ils marchaient côte à côte.
Tantôt on les eût vus côte à côte nager, Tantôt courir sur l'onde et tantôt se plonger , LA FONT. , Fabl. III, 12
Fig.
Sa tendresse voudrait se mêler d'aller côte à côte de la mienne , SÉV. , 343
2Terme de vétérinaire. Côte arrondie, indice d'une poitrine développée ; côte plate, indice de respiration peu étendue. 3Terme de boucherie. Côtes couvertes du boeuf, morceau qui se trouve entre l'aloyau et le paleron, des deux côtés de l'échine. Côtes découvertes, celles qui sont situées sous le paleron. Côtes d'aloyau, les côtes du boeuf, ayant un peu de filet jusqu'aux côtes couvertes. Train de côtes, la partie du boeuf qui contient les côtes, à partir de la troisième pièce de l'aloyau jusqu'à l'épaule. Plats de côtes découverts, la partie placée sous l'épaule et le paleron. Plats de côtes couverts, la partie inférieure de l'entre-côte et des côtes, près de la poitrine. Côtes de surlonges, la partie qui se trouve sous le collier. La côte, maniement pair ou double, commun aux deux sexes, qui repose sur les dernières côtes, particulièrement sur celle qui limite le flanc avec la poitrine. 4Saillie longitudinale de la surface de beaucoup de tiges et de fruits. Pomme de reinette à côtes.
Voilà un melon ; il faut qu'elle en mange une petite côte , SÉV. , 569 Nervure médiane et principale dans un grand nombre de feuilles. Tabac sans côtes, celui dont on a ôté la nervure avant de le corder.
5Terme de marine. Les côtes d'un navire, les pièces qui sont jointes à la quille et qui montent jusqu'au plat bord. C'est le synonyme vulgaire de couple. 6Côte de luth, pièce du corps d'un luth. 7Terme d'architecture. Listels qui séparent les cannelures d'une colonne. Côtes de coupe, saillies qui séparent la douelle d'une voûte sphérique en parties égales. Partie en saillie qui dans une croisée sert à recevoir les volets. 8Fig. Le penchant d'une colline. Côte fertile, bien exposée, plantée de vignes. À mi-côte, à mi-chemin sur le penchant d'une colline. Bâtir à mi-côte.
J'approche d'une petite ville, et je suis déjà sur une hauteur d'où je la découvre ; elle est située à mi-côte ; une rivière baigne ses murs et coule ensuite dans une belle prairie , LA BRUY. , V
Fig. Être au pied de la côte, c'est-à-dire être à bout de ressources, par allusion sans doute à un marcheur épuisé qui ne peut plus monter une côte
9Terme de marine. Rivage de la mer. Une côte basse, sablonneuse, escarpée. Ranger la côte, aller le long de la côte. Donner à la côte, échouer. Le courant portait à la côte.
Il lui donna le gouvernement de toute la côte de la mer , VAUGEL. , Q. C. liv. II, ch. 8
Toute la côte était couverte d'hommes, d'armes, de chevaux et de chariots en mouvement , FÉN. , Tél. XX
La plupart des peuples des côtes de l'Afrique sont sauvages et barbares , MONTESQ. , Esp. XXI, 2
Les côtes de cette grande île [Madagascar] sont généralement malsaines ; ce malheur tient à des causes physiques qu'on pourrait changer , RAYNAL , Hist. phil. IV, 4 Se dit, par extension, des approches de la terre, jusqu'à une certaine distance au large. Une côte pleine d'écueils. Les pirates qui couraient nos côtes.
La flotte d'Énée était sur ces côtes , FÉN. , Tél. I
Le jeune homme répondit qu'il avait voulu voir comment les côtes de France étaient faites, qu'il était venu et allait s'en retourner , VOLT. , l'Ingénu, 1
Faire côte, faire naufrage à la côte. Côte de fer, côte formée par des rochers escarpés et perpendiculaires. Gardes-côtes, voy. GARDE, s. m. Au plur. Les contrées voisines de la mer.
10Terme de commerce. Côte de soie, capiton ou fleuret. Côte rouge, côte blanche, fromages de Hollande. 11Terme de vannier. Nervures qui sont formées par l'entrelacement des menus osiers autour des plus gros. XIIe s.
D'une des costes de l'home voirement.... , Ronc. p. 152
XIIIe s.
Je mengue costes de laitues, porce qu'elles mi font dormir , ALEBRANT , f° 57
On escrit XIII et II continuelment coste à coste tout à une ligne , Comput, f° 10
En coste [de] la royne [elle] se va agenouiller , Berte, X
Jamais ne gerrez [vous ne vous coucherez] à ma coste, Quant receü avez tel oste , Ren. 507
Quant cil joli valet passoient, Et jes [je les] veoie passer Qui me regardoient en coste, Et jadis furent mi chier hoste , la Rose, 13055
Et en la fin de son sermon dit ainsi, que il avoit leue la Bible et les livres qui vont en coste la Bible , JOINV. , 288
XIVe s.
Nouvelle et premiere porée : ostez les grosses costes comme l'en fait des choulx , Ménagier, II, 5
XVe s.
Le bon et saige, qui ad ce besoin m'avoit conduit jusques au lict, demoura de couste moy estourdy, estonny et comme en litargie , A. CHART. , l'Espérance ou consolation des 3 vertus.
Là fit tendre en belle plaine son pavillon, et aussi ses compaignons firent, coste le sien, tendre les leurs , Bouciq. I, ch. 16
Quant j'apperçoy que veoir [elle] ne me daigne, Fors que de coste et trop estrangement.... , E. DESCH. , Poésies mss. f° 142, dans LACURNE
XVIe s.
Quand les Corinthiens eurent achevé de monter celle coste, ilz meirent leurs targes et pavois en terre pour reprendre un peu d'haleine , AMYOT , Timol. 36
Et se feit porter depuis la cour du roy jusques à la coste de la mer Mediterrane , AMYOT , Pélop. 56
Ce chien suivit tousjours son maistre, nageant en mer coste à coste de sa galere, depuis la coste de terre ferme, jusques en l'isle de Salamine , AMYOT , Caton, 11
Depuis les clavicules jusques à l'extremité des costes tant vrayes que fausses et diaphragme , PARÉ , I, 1
On donne au malade un tronc ou coste d'asphodele ou de ferule à mascher , PARÉ , VIII, 2
Les costes de poirée ou blette seront choisies, grosses et tendres, coupées de la longueur de demi-pied , O. DE SERRES , 848
Le sieur Cornelio et le comte de Gayas armez et la pique sur le col coste et coste [à côté l'un de l'autre] , MONTLUC , Mém. t. I, p. 492, dans LACURNE
Chevaux courants de toute leur roideur, accouplez coste à coste l'un de l'aultre , MONT. , I, 358
Berry et saintong. coûte ; wallon, coise ; provenç. et ital. costa ; espagn. cuesta ; du latin costa, côte CÔTE. 9Fig. Échoué à la côte, qui n'a pas réussi dans ses projets.
Un gentilhomme français, vieilli plutôt que vieux, usé, dévasté, ruiné, triste épave du monde parisien échouée à la côte, comme dit l'énergique expression populaire , ALPH. DAUDET , Journ. offic. 3 mai 1875, p. 3183, 1re col.
XIIe s. Ajoutez :
Uns tertre avanturous.... Qui estoit grans et lons, plus que je n'en devis ; Grans vaus ot et grans costes, parfundes et soutis , li Romans d'Alexandre, p. 70
1La partie droite ou gauche du corps des animaux, de l'aisselle à la hanche, et, par extension, la partie droite ou gauche de tout le corps, y compris le bras, la jambe, etc. Il était perclus de tout le côté gauche. Se coucher sur le côté. Il porte l'épée au côté.
Bientôt quatre bandits lui serrant les côtés , BOILEAU , Sat. VI
.... Les arbres parlent peu, Dit le bon la Fontaine ; et ce qu'un bois m'inspire, Je veux à mes côtés trouver à qui le dire , DELILLE , Homme des ch. I Se tenir les côtés de rire, rire immodérément.
Le roi se tenait les côtés de rire , HAMILT. , Gramm. 7
Embrasse-moi, dit Matta se tenant les côtés , HAMILT. , ib. 3
L'hôte et l'hôtesse éclatèrent de rire et se tinrent longtemps les côtés , VOLT. , Cand. 17
Il est sur le côté, il est si malade qu'il ne peut bouger. Fig. Être en voie de disgrâce, être abattu.
Pauvre esprit, te voilà d'abord sur le côté , HAMILT. , Gramm. 2
Mettre, jeter quelqu'un sur le côté, le coucher, le renverser par terre. D'un coup d'épée il le jeta sur le côté. Mettre quelque chose sur le côté, donner à cette chose une position inclinée. Mettre une bouteille sur le côté, la vider. Être aux côtés de quelqu'un, être auprès de sa personne.
Moi-même, sur son trône à ses côtés assise, Je suis à cette loi comme une autre soumise , RAC. , Esth. I, 3
Debout à ses côtés, le jeune Éliacin Comme moi le servait en longs habits de lin , RAC. , Athal. II, 2
Idoménée, qui le croit [Télémaque] à ses côtés, s'étonne de le voir qui court au milieu de la campagne , FÉN. , Tél. X
Fig.
Mais entendez crier Rome à votre côté.... , CORN. , Cinna, III, 2
Le reste de l'Asie à nos côtés rangée , CORN. , Nicom. II, 3
Le côté de l'épée, le côté gauche du corps, celui où l'on porte l'épée. Fig. Mettre quelque chose du côté de l'épée, faire passer quelque chose du côté de l'épée, c'est mettre à couvert quelque somme, de quelque façon qu'on l'ait gagnée, bien ou mal.
Mais prompt, habile et diligent à saisir un certain argent, Somme aux inspecteurs échappée, Il a du côté de l'épée Mis, ce dit-on, quelques deniers , LA FONT. , Lettres, XX
Le côté du coeur, le côté gauche du corps ; et fig. l'affection. Ce petit gaillard vous plaît, il est du côté du coeur. Point de côté, douleur aiguë qui se fait sentir dans la région des côtes. Terme de manége. Porter un cheval de côté, le faire marcher sur deux pistes, dont l'une est marquée par les épaules, l'autre par les hanches. Terme de cuisine. Haut côté, les côtés d'un mouton. Terme de marine. Mettre un bâtiment sur le côté, l'incliner d'un côté, lui faire prendre de la bande.
Le mât avait mis le vaisseau sur le côté , FÉN. , Tél. VI
Mettre un bâtiment sur le côté, l'abattre en carène. Le côté droit d'une voile, la partie de la chute de cette voile où les tailles sont régulières. Faux côté, côté faible d'un navire, côté sur lequel il incline davantage.
2Partie latérale. Les côtés du chemin. Ce côté de la rivière est le moins profond. Les bas côtés d'une église, les nefs latérales, qui sont plus étroites et d'ordinaire moins hautes que la nef centrale.
Les bas côtés du choeur.... sont les parties qui ont le plus résisté à l'effort du temps , CHATEAUB. , Génie, III, V, 5
D'autres temples étaient divisés en trois nefs par deux rangs de colonnes ; celle du milieu était entièrement découverte et suffisait pour éclairer les bas côtés qui étaient couverts , BARTHÉL. , Anach. ch. 12
Les bas côtés d'une route, d'un boulevard, d'une promenade, les voies latérales moins hautes que la chaussée.
3Côté plein, muraille pleine, par opposition à arcade.
Le petit monument de marbre qui couvre le saint sépulcre a la forme d'un catafalque, orné d'arceaux demi-gothiques engagés dans les côtés pleins de ce catafalque , CHATEAUB. , Itin. II, 224
4Le côté droit, le côté gauche d'une assemblée délibérante, celui qui est à la droite, celui qui est à la gauche du président. Le côté de l'épître, le côté de l'évangile, le côté droit, le côté gauche de l'autel. Le côté du roi, le côté de la reine désignaient autrefois le côté droit, le côté gauche du théâtre. Terme d'architecture. Le côté droit ou gauche d'un bâtiment doit s'entendre par rapport au bâtiment même, c'est-à-dire en supposant que le bâtiment a une droite et une gauche par rapport à sa façade. 5Point opposé à un autre. Le côté espagnol des Pyrénées. Il est de l'autre côté du bois. Mettez-vous de l'autre côté de la table.
Pourquoi me tuez-vous ? Eh quoi ! ne demeurez-vous pas de l'autre côté de l'eau ? Mon ami, si vous demeuriez de ce côté, je serais un assassin, cela serait injuste de vous tuer de la sorte ; mais, puisque vous demeurez de l'autre côté, je suis un brave et cela est juste , PASC. , Pensées, part. I, art. 9 Fig.
Tout le tort est de son côté , SÉV. , 55
Familièrement. De l'autre côté, dans la pièce voisine. Passons de l'autre côté, s'il vous plaît, pour causer à notre aise.
6Face, pan d'un objet. Les côtés d'une pyramide. On avait sculpté des emblèmes sur les quatre côtés du monument. En parlant des étoffes, le côté de l'envers, le côté de l'endroit. Fig. Aspect sous lequel on envisage les personnes et les choses.
Et, comme je vous dis, toute l'habileté Ne va qu'à le savoir tourner du bon côté , MOL. , Éc. des f. IV, 8
On regarde les gens par leurs méchants côtés , MOL. , Mis. I, 2
Quand sur une personne on prétend se régler, C'est par les beaux côtés qu'il lui faut ressembler , MOL. , F. sav. I, 1
Mélanchthon avait pris ce bon mot du beau côté , BOSSUET , Var. 5
Il prend tout du bon côté , BOSSUET , Lett. quiét. 354
La justice prend toujours les choses d'un mauvais côté , REGNARD , Sérénade, 10
Ce qu'on souhaite est vu du bon côté ; Ce qu'on possède est vu de l'autre , LA MOTTE , Fabl. II, 17
Ils regardaient l'affaire par cent côtés, dont aucun n'était dans son vrai jour , VOLT. , Babouc.
7Ligne qui circonscrit quelque chose. Les trois côtés d'un triangle.
Si je pense à une figure de mille côtés et à une de neuf cent quatre-vingt-dix-neuf, ce n'est pas par des perceptions que je les distingue, ce n'est que par les noms que je leur ai donnés , CONDILLAC , Conn. hum. sect. II, ch. 2 Terme de géométrie. Côté d'un angle, une des lignes qui le forment.
8Dans le sens le plus indéterminé, partie d'une chose, endroit. Attaquer la place du côté le plus faible.
De quelque côté qu'on s'y tourne, on voit toujours la mort en face qui couvre de ténèbres tous nos plus beaux jours , BOSSUET , Duch. d'Orl. Fig. Le côté faible d'une chose, ce en quoi elle pèche. Le côté faible d'une personne, son défaut habituel, ou ce qu'elle sait le moins, ou sa passion dominante. Fig. De mon côté, quant à moi, pour ma part. Je vais, de mon côté, prendre telle et telle mesure.
Je veux voir à quel point une femme hardie Saura de son côté pousser la perfidie , VOLT. , Zaïre, IV, 5
Du côté de.... dans les rangs de, parmi. De notre côté, il y eut trois morts et dix blessés.
Du côté des Athéniens, Périclès, Nicias, Alcibiade ; de celui des Lacédémoniens, Brasidas, Gylippe, Lysandre s'y distinguèrent d'une manière particulière , ROLLIN , Hist. anc. Oeuvres, t. III, p. 24, dans POUGENS
D'un côté, d'une part ; d'autre côté, d'autre part. Quand d'un côté je considère leur puissance et de l'autre ma faiblesse.
D'un et d'autre côté l'action est si noire , CORN. , Rodog. V, 4
D'un et d'autre côté je vous vois soulagée , ID. , Cid, V, 5
Il ne leur arrivera pas, comme à ceux du caractère opposé, d'être d'un côté de grands hommes, et de l'autre des enfants , FONTEN. , Boerhaave.
Près du grand L'Hôpital montrer le grand Caton, D'un côté Condillac et de l'autre Platon , DELILLE , Imagin. VII
De ce côté, de cette part. Je n'ai rien à craindre de ce côté. De côté et d'autre, des deux côtés.
Les parents accoururent de côté et d'autre pour accommoder l'affaire , MONTESQ. , Lett. pers. 70
9Direction. Je vais de votre côté.
De quel côté vient le vent ? Après dîner, chacun s'en va de son côté , SÉV. , 82
Votre dessein était-il d'aller du côté de la ville ? , MOL. , Don Juan, III, 4 Fig. Ne savoir de quel côté tourner, ne savoir que faire, que devenir.
De quel côté pencher ? à quel parti me rendre ? , CORN. , Cinna, III, 3
De tous côtés, de partout. La foule accourait de tous côtés. De tous côtés on allait à son secours.
Seigneur, de tous côtés le peuple vient en foule , CORN. , Nic. V, 5
Regarder de quel côté vient le vent, observer les conjonctures pour régler sa conduite, et, le plus souvent, en mauvaise part, n'avoir d'autres règles de conduite que les circonstances.
10Parti. C'est le côté le plus juste. Caton fut du côté de Pompée. Avoir quelqu'un de son côté, l'avoir de son parti.
Tant que vous n'auriez point les juges de votre côté , PASC. , Prov. 7
Il me dit qu'il y en avait de ceux de son côté qui tenaient.... , PASC. , ib. 1
Quand la malignité a la raison de son côté , PASC. , P. div. 99
Ils ne font rien pour mettre le monde de leur côté , MASS. , Myst. Pent.
Mettons Dieu de notre côté, et alors nous serons les plus forts , MASS. , Car. Motifs.
Mettre les rieurs de son côté, faire, dans une discussion, que les assistants rient de la personne avec qui l'on discute.
11Ligne de parenté. Ils sont parents du côté du père. Le côté paternel. Le côté maternel. Être du côté gauche, être d'une naissance illégitime ; locution tirée de ce que, dans les mariages inégaux, l'époux donnait à l'épouse non la main droite mais la main gauche. Se dit aussi d'une personne qui vit en concubinage. Elle l'a épousé ? oui, du côté gauche. 12Terme de typographie. Côté de première, la forme où se trouve la première page de la feuille. 13Du côté de, loc. prép. Vers, en faveur de, quant à. Regardez du côté du couchant. Placez-vous du côté du président.
C'est la seule chose qui m'oblige quelquefois de tourner la tête du côté du monde , BALZ. , liv. I, lett. 3
On la décrie du côté de la tendresse , VOIT. , Lett. 88
Tous mes voeux sont déjà du côté d'Aristie , CORN. , Sert. I, 2
Pour lui mettre l'esprit en repos du côté de Jouarre , BOSSUET , Lett. Corn. 30
Pour moi, demeuré seul, une juste colère Tourna bientôt mes voeux du côté de son frère , RAC. , Baj. I, 1
Je veux que vous n'ayez rien à vous reprocher du côté de la modération , MASS. , Car. Pardon.
Du côté de la fortune, le revers que vous éprouvez est accablant , MARMONT. , Contes mor. École des Pères.
14De côté, loc. adv. En biais, obliquement. Il faut vous tourner un peu plus de côté. Regarder de côté, du coin de l'oeil.
Près du feu, deux amants, pleins d'un tendre délire, D'un regard de côté se parlent sans rien dire , DELILLE , Trois règnes, I
Fig. Regarder de côté, regarder avec dédain, ressentiment ou embarras. De côté, à droite ou à gauche, pour que l'espace reste libre. Ranger une chose de côté. Mettez ce fauteuil de côté, il gêne le passage. Se mettre, se ranger de côté, quitter le milieu du passage pour faire place à quelqu'un ou à quelque chose qui s'avance. Je me mis de côté pour éviter la voiture. De côté, en passant, négligemment.
Vu que par l'homme en place un mot dit de côté D'un faux air de crédit flatte leur vanité , DELILLE , Homme des ch. I
À part, en réserve. J'ai prié ce marchand de me mettre plusieurs objets de côté. Il met tous les ans quelque chose de côté, il fait des économies. À l'écart. Je mets de côté toutes les raisons que vous aviez de lui pardonner. Mettre, laisser de côté, abandonner, ne pas se servir de. On laissa de côté plusieurs officiers de mérite.
15À côté, loc. adv. Dans une direction latérale, oblique.
[Le drôle] Prend à côté, pourvoit à ses affaires, Laisse son maître, à travers champs s'enfuit , LA FONT. , Orais.
Tout père frappe à côté , LA FONT. , Fabl. VIII, 20 Fig.
Le poëte d'abord parle de son héros ; Après en avoir dit ce qu'il pouvait en dire, Il se jette à côté , LA FONT. , ib. I, 14
Donner à côté, s'éloigner du but, et aussi se méprendre. À peu de distance. Serrez-vous, marchez à côté. Est-ce loin ? non, c'est tout à côté. À côté de, loc. prép. Tout auprès, à droite ou à gauche de. Sa maison est à côté de la mienne. Se mettre à côté de quelqu'un.
Il marchait à côté du grand prêtre , RAC. , Athal. II, 5
Fig.
Peut-être Babylone, honorant ma mémoire, Mettra Sémiramis à côté des grands rois , VOLT. , Sémiram. II, 7
Passer à côté d'une difficulté, d'une question, ne pas l'aborder, éviter de la résoudre. Être à côté de la question, ne pas bien la saisir, s'en écarter.
DE TOUS CÔTÉS, DE TOUTES PARTS. Il y a, entre ces deux locutions, la différence qu'il y a entre côté et part, c'est-à-dire que côté exprime plus spécialement une direction que ne fait part. La foule accourut de tous côtés est synonyme, sans nuance bien sensible, de : la foule accourut de toutes parts. Mais on dira : cette forteresse est commandée de tous côtés, mieux que de toutes parts ; car ici il importe de spécifier les côtés, les directions. XIe s.
Gent [il] ot le cors et les costez ot larges , Ch. de Rol. X
Ma bonne espée que ai ceinte au costet , ib. LXXXII
XIIe s.
[à] Gautier [il] en bande les flans et les costez , Ronc. p. 94
Nu à nu du costé son roit espié [il] lui vire , Sax. X
Joab sacha l'espée e ferid Abner enz el costed, si l'ocist felonessement , Rois, 132
XIIIe s.
Et del costet de mi Robin , RAYNOUARD , costat.
Quant on me veut meurdrir delez vostre costé , Berte, X
Chi vous lairrons ester de Namur qui gist en mauvais costei , Chr. de Rains, 232
Un quadrangle du quel li uns des costés soit de trois piés , Comput, f° 17
Se [sa] tere esquiet de costé à celi qui est mariés, comme d'oncle ou d'antain, de frere ou de sereur , BEAUMANOIR , XIII, 13
Mout de diverses coustumes sont en parties d'eritages qui vienent en descendant ou par esqueance de costé , BEAUMANOIR , XIII, 1
Et avec ce il jureront que il ne prenront, ne ne recevront, par eulz ne par autres, ne or, ne argent, ne benefices par de costé [indirectement], ne autres choses , JOINV. , 294
Tu feras cele chose [un dez] de six costez quarrée, Jeu de dez , JUBINAL , t. II, 230
XVe s.
Et dit qu'il se trairoit avant du costé devers Boulogne , FROISS. , I, I, 315
Si s'adressa sur Mgr Geffroy de Chargny, et là, en parlant à lui, il changea un peu de contenance, car il le regarda sur costé en disant.... , FROISS. , I, I, 329
Trop a souvent le corps las et travaillé, qui continuellement se gist sur ung costé , Perceforest, t. V, f° 44
Se sont si avant entremeslées icelles choses d'un costé et d'autre, que grieve chose m'est à porter, dont il me desplaist tant que plus ne peut , MONSTREL. , liv. II, ch. 89
Ils virent bien que la force n'eust pas esté de leur costé , Bouciq. I, 32
Et se tenoit droit, la main au costé, qui moult luy avenoit, regardant jouer les autres enfans pour juger de leurs coups , MONSTREL. , I, 3
Et combien que je n'aye demouré sur le lieu, si fus-je informé, comme les affaires passoient, et le povez bien aisement entendre pour la congnoissance et nourriture que j'avoye eu de l'ung costé et de l'autre , COMM. , V, 13
XVIe s.
Ayant à ses costez ledit seigneur , MONT. , I, 127
Du costé de l'occident , MONT. , I, 238
Il n'auroit devant ny derriere luy, ny à costé, rien qui ne lui feist guerre , MONT. , I, 356
Assis de costé [sur sa mule] comme les femmes , MONT. , I, 354
Je ne vise pas de ce costé là , MONT. , IV, 28
Les suyvants d'Alexandre portoient comme lui la teste à costé , MONT. , IV, 32
Il invita à disner les principaux parens de sa femme, sans toutefois appeler ceux du costé de lui , DESPER. , Contes, VI
Theseus du costé de sa mere estoit issu de Pelops , AMYOT , Thésée, 3
Il se tenoit tousjours assis, ayant deux de ses serviteurs à ses costez , AMYOT , Péric. 52
Ainsi l'assault estant donné de tous costez, et tout en un mesme temps, les gens d'Icetes furent incontinent rompus , AMYOT , Timol. 31
Bourguig. coutai ; saintong. et Berry, coûté ; provenç. costat ; espagn. costado ; ital. costato ; du bas-latin costatum, de costa, côte. On a dit aussi costel qui vient de costalis, et qui a donné coteau (voy. ce mot). CÔTÉ. Ajoutez : 16Terme de fortification. Le côté extérieur d'un polygone fortifié, ligne droite qui réunit deux angles flanqués.