COMPLAINDRE

Prononciation : kon-plin-dr'
Nature : v. a.

Témoigner de la compassion à quelqu'un. Se complaindre, v. réfl. Faire sa complainte. Vieux. XIIe s.
À vous amans, plus qu'à nule autre gent, Est bien raison que ma dolor [je] complaigne , Couci, XXII
XIIIe s.
Ainsi se complaignoit li rois , Chr. des Rains, p. 80
Et sont tenu à sainte Eglise garder et garantir, toutes les fois que ele en a mestier et qu'ele se complaint à eus comme à ses enfans , BEAUMANOIR , XI, 27
Au juge d'eulx [il] se complaindra , la Rose, 7832
XIVe s.
Assez rueve [demande] qui se complaint , MACHAULT , p. 79
XVe s.
Et quant le gentil chevalier eut ouï complaindre la roine si tendrement , FROISS. , I, I, 14
XVIe s.
L'un que tourment poursuit et importune, Va complaignant sa mauvaise fortune , MAROT , I, 311
Adonc le complaignant renforcea la voix et commencea à crier plus hault , AMYOT , Démosth. 16
Des mains, nous festoyons, resjouissons, complaignons, attristons , MONT. , II, 159
Com, et plaindre ; provenç. complanher, complagner, complanger ; catal. complanyer ; anc. espagn. complañir ; ital. compiangere.