cavecon

Prononciation : ka-ve-son
Nature : s. m.

Demi-cercle de fer, qu'on met au nez des chevaux, pour les dompter par la contrainte qu'il leur cause en leur serrant les narines. Mettre un caveçon, donner un coup de caveçon à un cheval. Fig. Donner un coup de caveçon à quelqu'un, lui faire éprouver une mortification, rabattre ses prétentions.
Le roi ne fut pas fâché de donner à Barbézieux ce coup de caveçon [la nomination des maréchaux à son insu] , SAINT-SIMON , 5, 68
Cette préférence lui fut insupportable en elle-même, et encore par le coup de caveçon qu'elle lui donnait , SAINT-SIMON , 85, 102
Plusieurs frasques qu'il avoit hasardées sur la faveur de sa naissance, reçurent enfin ce coup de caveçon [refus d'emploi à l'armée] , SAINT-SIMON , 104, 107
Avoir besoin de caveçon, être emporté, avoir besoin d'être retenu.
XIIIe s.
Li frains est moult biaus et moult ciers ; Oncques n'ot millor chevaliers [jamais chevalier n'en eut meilleur], La caveceüre estoit d'or , Fl. et Bl. 1197
Wallon, cabason ; espagn. cabezon, collet de chemise ; ital. cavezzone. L'italien a cavezzine, les rênes, et cavezza, licou ; le vieux français, chevece, ouverture d'une cotte par où on passe la tête, collet ; et le bas-latin, capitium dans le même sens. Chevece, l'espagnol cabeza, le provençal cabeissa, perruque, le bas-latin capitium, sont des formes diverses d'un même mot dérivé de caput, tête (voy. CHEF). On voit la série des significations : tête, vêtement de la tête, vêtement du cou, collet, et finalement licou, d'où l'augmentatif caveçon. L'ancien français caveceüre, bas-latin cavezatura, signifie un collet, un ornement de cou.