CAUSTIQUE

Prononciation : kô-sti-k'
Nature : adj.

1Terme de médecine. Qui brûle, qui corrode. Remède, substance caustique. Potasse caustique. S. m. Un caustique. Employer les caustiques. 2Fig. Qui fait sur l'âme une impression comparée à celle que fait un caustique sur le corps. Langage caustique.
Dans le sexe j'ai peint la piété caustique , BOILEAU , Sat. X
Sénèque le père fut d'une humeur caustique , DIDER. , Ess. s. Claude, liv. II Par extension, dans le même sens, en parlant des personnes. Elle est trop caustique, elle emporte la pièce. Homme caustique.
Le caustique Boileau, que l'envie de critiquer et l'étude ont rendu versificateur , BOILEAU , Esquisse en prose de la Sat. IX
3S. m. Terme de métier. Substance qui procure plus d'adhérence à une autre substance, dans la peinture en badigeon. CAUSTIQUE, MORDANT, SATIRIQUE. Caustique est ce qui brûle ; mordant est ce qui mord ; satirique est ce qui fait la satire. Avoir l'esprit satirique, c'est avoir l'esprit disposé à voir le mauvais côté des choses, à chercher ce qu'elles peuvent avoir de blâmable ou de ridicule, et à le mettre en relief. Avoir l'esprit caustique, c'est appliquer une espèce de fer chaud sur ce qui est dit ou fait ; on peut être caustique sans avoir l'esprit satirique ; avoir l'esprit mordant, c'est enfoncer les dents et s'acharner. Le caustique effleure la peau ; le mordant y pénètre ; on peut donc être caustique sans être mordant. Causticus, en grec, brûler. Terme de dioptrique et de catoptrique. Caustique par réflexion, courbe engendrée par l'ensemble des points de rencontre des rayons partant d'un point lumineux et réfléchis par une autre courbe ; elle se nomme catacaustique. Caustique par réfraction, courbe engendrée de la même manière par des rayons réfractés ; elle se nomme diacaustique. Caustique, brûlant, parce que les points de concours des rayons lumineux qui déterminent ces courbes sont ceux où la chaleur est la plus intense (voy. le précédent).