CAUCHEMAR

Prononciation : kô-che-mar
Nature : s. m.

1Sentiment d'un poids incommode sur la région épigastrique, pendant le sommeil, avec impossibilité de se mouvoir, de parler, de respirer ; état qui finit par un réveil en sursaut après une anxiété extrême. Avoir le cauchemar. 2Par extension, tout rêve effrayant. Ma nuit a été troublée par des cauchemars horribles. 3Fig. Pensée affligeante ou effrayante qui nous poursuit sans cesse et dont nous ne pouvons nous débarrasser.
Vous tirez mon âme endormie Du cauchemar des mauvais jours , BÉRANG. , Cinquante ans.
Toujours ce cauchemar ! mon amour n'est donc pas assez puissant pour vous guérir de votre folie ? , CH. DE BERNARD , le Persécuteur, § 4 Homme qui pèse sur nous d'une façon quelconque, mais très importune.
Cet homme-là est mon cauchemar , BAYARD et JAIME , le Réveil du lion, II, 7
On dit aussi : Cet homme donne le cauchemar.
XVIe s.
Demons, cacodemons, incubes, succubes, coquemars, gobelins, lutins , PARÉ , XIX, 26
Wallon, chaukemar ; rouchi, cauquemar ; coquemar, dans Paré ; d'un ancien verbe caucher, qui existe dans le picard cauquer, le bourguignon côquai, et qui signifie presser ; provençal, calcar ; ital. calcare ; du latin calcare, fouler (voy. CHAUSSES) ; et d'un mot germanique mar, démon, incube, allemand Nacht-mar, anglais night-mare, incube de la nuit. Dans le languedocien le cauchemar se dit chaouche-vielio, la vieille qui presse ; Paré l'a nommé, entre autres, chauche-poulet.