CASSE

Prononciation : kâ-s'
Nature : s. f.

1Terme d'imprimerie. Sorte de boîte plate et découverte, composée de deux parties, le haut de casse et le bas de casse, et divisée en petites cases pour chaque caractère. Haut de casse, la partie supérieure, qui contient les capitales et différents autres caractères. Bas de casse, la partie qui est sous la main du compositeur, et qui contient les lettres ordinaires, dites pour cette raison, lettres du bas de casse. 2La partie de l'écritoire de poche où l'on met les plumes. La casse de l'écritoire est rompue. XIVe s.
La casse qui soutient la lunette du miroir , Modus, f° LXIII
XVIe s.
Que les escus seroient nombrés et mis en des casses de bois, puis seroient emballées les dites casses et scellées , M. DU BELLAY , 159
Le même que caisse. 1Casse à rôt, lèchefrite. 2Terme de fonderie. Bassin formé vis-à-vis de l'ouverture d'un fourneau pour recevoir le métal fondu. Poêlon de cuivre, servant dans une savonnerie pour puiser l'eau ou le savon. Grande cuiller de fer à l'usage des verriers. Coupelle pour affiner l'or. Chaudière de fer ou de potin. XVe s.
Olles, chauderons, casses de cuivre , DU CANGE , cassa.
XVIe s.
Faut bouillir la cassonade en abondance d'eau, dans une poesle ou casse bien nette, sur un feu de flamme , O. DE SERRES , 852
La composition, mise dans la bassine ou casse pointue sur petit feu de charbon, y sera achevée de preparer , O. DE SERRES , 865
Picard et Berry, casse, casserole ; génev. casse ou caffe ; catal. cassa ; espagn. cazo ; ital. cazza ; pays de Coire, caz ; bas-lat. caza, cazia, cazeola, catiola ; de l'anc. haut-allem. chezi ; anc. scandinave, kati, d'où l'allemand moderne Kessel, chaudron. Ce qui fait que casse 2 ne peut avoir la même étymologie que caisse ou casse 1, c'est que, dans les langues congénères, le premier de ces mots prend un z ou deux z, tandis que le second prend deux s ; d'où l'on est conduit à des radicaux différents. 2. CASSE. Ajoutez : 3Nom, en Dauphiné, d'une grande cuiller de fer battu ou de cuivre étamé, dont on se sert pour puiser un liquide dans un seau. Pulpe des fruits du canéficier (cassia fistula, L.), dont les gousses nous viennent particulièrement des Antilles, sous le nom de casse en bâtons, casse des boutiques. Casse aromatique, casse giroflée, ancien nom de la cannelle. XVe s.
Qu'on ne m'apporte point de casse, Et qu'on ne courre au medecin ; De vin qu'on emplisse ma tasse, Qui me voudra rendre bien sain , BASSELIN , XXV
XVIe s.
Il prenoit clysteres refrigerans ou casse mondée toute seule , PARÉ , V, 30
Casse fistulaire mondée , PARÉ , XX, 21
Escorce de canne de casse ratissée , PARÉ , XXIV, 41
Provenç. et ital. cassia ; du lat. casia, qu'on regarde comme phénicien : kiddah ou keziah, signifiant couper ou peler dans les langues sémitiques. 1Action de casser. La caisse est mal faite, les objets sont mal emballés, il y aura de la casse. Les domestiques ont tant de gage dans cette maison, et tant de casse, ou la casse est à leur charge. Le voiturier ne répond pas de la casse. 2Surface mise à nu, quand on casse du fer, un métal ou tout autre corps. 3Peine militaire qui consiste dans la perte d'un grade.
Et pour s'être mal défendu, on lui donna de la casse , Lett. cur. dans LEROUX, Dict. comique Fig. Donner de la casse, déposséder quelqu'un d'un emploi, d'un poste. Anciennement. Lettres de casse, lettres par lesquelles le roi ordonnait de casser un officier.
XVIe s.
Et sur le bruit qui avoit couru de la casserie generale qu'il avoit faicte de ceste valletaille , CARLOIX , II, 18
Casser. Terme de commerce. Sorte de toile de coton à imprimer, qu'on tire de l'Inde, du Bengale et de Coromandel.