CAPON

Prononciation : ka-pon
Nature : s. m.

1Celui qui cajole pour tromper et arriver à ses fins. Tu as beau faire le capon, tu perds ta peine. Terme très familier. 2Dans les académies de jeu, capons, ceux qui ne s'y trouvent que pour prêter de l'argent aux joueurs. Populairement, joueur rusé, fin et appliqué à prendre tous ses avantages. Il est capon à ce jeu-là. 3Poltron, et aussi, au collége, celui qui, dans une punition collective, dénonce un camarade. 4Adj. Capon, caponne, qui a le caractère du capon. Quoi de plus capon qu'une pareille conduite ? Il n'y a pas au monde plus capon que lui. 5Charge caponne, se disait autrefois d'une charge qui n'avait qu'un titre sans rien d'effectif.
La Vrillière avait une charge de secrétaire d'État, qui, pour parler comme en Espagne, se pouvait appeler caponne , SAINT-SIMON , 197, 135
Il y a des clefs qui n'en ont que la figure, qui n'ouvrent rien et qui s'appellent des clefs caponnes, pour les gentilshommes [de la chambre d'Espagne] sans exercice , SAINT-SIMON , 89, 172
D'une charge caponne de général des carabins qui n'existaient plus, il s'en fit une réelle de mestre-de-camp général des dragons , SAINT-SIMON , 37, 176
Espagn. capon, chapon ; ital. cappone, même sens (voy. CHAPON). Dans charge caponne, caponne vient de l'espagnol capona, en cette locution llave capona, clef châtrée, que le roi d'Espagne accordait à certains gentilshommes, ainsi dite parce que, donnant le droit honorifique d'entrée dans les appartements, elle ne donnait ni exercice ni appointement. Terme de marine. Instrument composé d'une corde, d'une poulie et d'un croc de fer, qui sert à lever l'ancre.