CAMOUFLET

Prononciation : ka-mou-flè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel l's se lie : des kamou-flè-z e
Nature : s. m.

1Fumée épaisse qu'on souffle malicieusement dans le nez de quelqu'un avec un cornet de papier allumé.
Guide de mon esprit follet, Qui surtout chéris le burlesque, Souffle-moi par un camouflet Un style qui soit bien grotesque , SCARRON , la Foire St-Germain, 25
Grand nez digne d'un camouflet, Mâchoire à recevoir soufflet , SCARRON , dans RICHELET
Et toutes les nuits régulièrement ils me donnaient des camouflets qui puaient le soufre , REGNARD , le Retour impr. sc. 13
2Fig. et familièrement, affront, mortification.
La Briffe se lassa des camouflets que Harlay ne lui épargnait pas , SAINT-SIMON , 17, 262
Vendôme apprit qu'il ne serait plus payé comme général d'armée ; le camouflet fut violent , SAINT-SIMON , 216, 163 Le camouflet des auteurs, titre d'un ouvrage publié dans le XVIIe siècle.
3Terme d'art militaire. Nom donné, par une plaisanterie militaire, à un petit fourneau de mine ou fougasse, dont l'effet est d'enterrer le mineur assiégeant dans les déblais et les éboulements dont il est subitement environné. XVe s.
Qui dormira, qu'on le resveille, Ou qu'on lui donne un chault moufflet, Ou hardiement ung grant soufflet , Mystère, dans Bibliot. des chartes, 1re série, t. III, p. 459
Wallon, cafouma ; génev. camouflet, soufflet. Grandgagnage admet un verbe wallon kifoumer, kafoumer, de la préposition ka, ki, équivalente au préfixe con, et fumée : enfumer ; d'où le français serait venu par inversion. Il y a aussi l'italien camuffare, embéguiner, qui se prêterait à une étymologie. Mais ni l'un ni l'autre ne s'accommodent à chaud moufflet, du XVe siècle, qui semble composé de chaud et d'un diminutif de mufle ou moufle, et dont on a fait ca-mouflet. CAMOUFLET. Ajoutez : - SYN. CAMOUFLET, FOUGASSE., Le camouflet diffère de la fougasse en ce sens que le camouflet est un fourneau sous-chargé.