CALER

Prononciation : ka-lé
Nature : v. a.

1Terme de marine. Baisser, en parlant des basses vergues, des mâts de hune ou de perroquet. Fig. et familièrement. Caler la voile, rabattre de ses prétentions, céder. Je vous conseille de caler la voile. Absolument et populairement, dans le même sens. Il fut obligé de caler. Il calera. 2V. n. En parlant de l'enfoncement d'un bâtiment dans l'eau. Le navire cale trop, ne cale pas assez. 3Terme de pêche. Enfoncer dans l'eau. XIIIe s.
Plus dolente ert [elle était] de cuer que cil qu'on en mer cale , Berte
XVe s.
Par Mehain [je] voy justice morte, Quant honneur veult voile caller , CH. D'ORL. , Rond.
XVIe s.
Ici donques calleray mes voiles, remettant le reste on livre en ce consommé du tout , RAB. , Garg. I, 10
Mais encore que nous lui callions une chose tant lourde.... , CALVIN , 227
Souvent j'ay faict caler, soubs l'interest de leur honneur, le plaisir en son plus grand effort , MONT. , IV, 217
Cette superbe vertu eust elle calé au plus fort de sa montre ? , MONT. , III, 377
Amour voyant du ciel un pescheur sur la mer Calla son aile bas sur le bord du navire , RONS. , 182
Comme un gerfaut qui de roideur se laisse Caler à bas, ouvrant la nuë espaisse Dessus un cygne amusé sur le bord , RONS. , 620
Ils emmenerent tous les bateaux pour les percer et caller à fonds à une lieue de là , D'AUB. , Hist. I, 212
Les uns furent d'avis qu'il estoit raisonnable que l'on chalast et cedast un petit à ce que les pauvres requeroient , AMYOT , Cor. 7
Ils ne faudront pas d'estimer que nous leur donnons et concedons cela en chalant la voile, pourceque nous les craignons , AMYOT , ib. 22
Philopoemen ne chala point pour cela, ni ne laissa point de faire ce que portoit son devoir , AMYOT , Phil. 11
Provenç. et espagn. calar ; ital. calare ; du latin chalare, en grec, abaisser, lâcher. 1. CALER. Ajoutez : 4Populairement, reculer, lâcher pied (ce sens était fort usité au XVIe siècle, voy. l'historique). Mettre une cale, assujettir au moyen d'une cale. Cale 2.