CALAMITE

Prononciation : ka-la-mi-t'
Nature : s. f.

Gomme-résine, sorte inférieure de storax qu'on recueille dans des tiges de roseau. XVIe s.
Sandaulx, poudre de calamite , PARÉ , XI, 15
Terebentine, styrax, calamite, oliban, benjoin , PARÉ , XXIV, 21
Calamus, roseau (voy. CHAUME). 1Ancien nom de la pierre d'aimant, et, par suite, de la boussole. 2Calamite blanche, sorte de marne ou d'argile blanche. XVIe s.
Voyez à la calamite de vostre boussole , RABEL. , IV, 18
Provenç. et catal. caramida ; espagn. calamida ; ital. calamita ; de calamus, roseau (voy. CHAUME), parce qu'on mettait la calamite dans un roseau ou sur une paille pour la faire flotter. 1Tout grand malheur public. La famine, la guerre, la peste sont des calamités.
Est-il arrivé quelque calamité à Salente ? , FÉN. , Tél. XXII
Un astre qui n'annonce que des calamités à la terre , MASS. , Petit car. Gloire.
Après ces jours de sang et de calamités , VOLT. , Zaïre, II, 1
Job déplore lés diverses calamités qui affligent la vie humaine , BOSSUET , dans LAFAYE
2Infortune.
Et qu'une femme enfin dans la calamité , CORN. , Poly. IV, 6
Ici, près des remparts de l'auguste cité, Il a marqué la fin de ma calamité , CORN. , Oed. I, 1
XIVe s.
Fortune, en autrui calamité, leur avoit donné enseignement de eschiver semblable injure , BERCHEURE , f° 67, recto
Qui ses biens presens garde sans superfluité, De legier ne puet pas avoir calamité , Girart de Ross. 3017
Et après en sa vieillesse il cheït en très grant miseres et en très grant calamités , ORESME , Éth. 22
XVIe s.
En la calamité de l'exil où il se trouvoit , AMYOT , Thém. 46
La calamité des mulots, le deschet des greniers et la mangeaille des charançons et mourrins , RAB. , Pant. III, 2
Provenç. calamitat ; espagn. calamidad ; ital. calamità ; de calamitatem, lequel, signifiant proprement perte des récoltes, aurait été tiré de calamus, chaume ; mais le suffixe itas n'a pas ce sens, ne signifiant que la possession d'un attribut : bonitas, bonté, qualitas, qualité ; et calamité ne pourrait signifier que la qualité d'être chaume ; à moins que, forçant le sens de ce suffixe, les Latins n'y aient vu la qualité d'être bon ou mauvais, et finalement, par une exclusion qui n'est pas rare dans les langues, la qualité d'être mauvais chaume, mauvaise récolte, calamité. Toutefois, d'autres étymologistes regardent l'origine du mot comme inexpliquée et croient à un radical cal signifiant mal et qui se trouverait dans cal-umnia et dans incol-umis.