BOUGRAN

Prononciation : bou-gran
Nature : s. m.

Terme de commerce. Toile forte et gommée, employée dans les doublures des vêtements. XIIe s.
L'anfant a pris la dame au cors vaillant ; Si l'envoslepe en un chier boquerant , Raoul de C. 4
XIIIe s.
Dariere celi qui tenoit les trois coutiaus, avoit un autre qui tenoit bouqueran entorteillé entour de son bras , JOINV. , 259
XIVe s.
Se ne devoie boire au voirre [verre] mon vivant, Ne avoir qu'une robe qui fust de bouquerrant , Guesclin. 9010
L'escu li a rompu et le bon jazerant, Mais l'auqueton fu fort, qui fu de bouguerant , ib. 16082
XVIe s.
On met sous le malade une piece de marroquin, ou de camelot, ou de bougran, estoffes qui ne retiennent que bien peu la chaleur , PARÉ , XXI, 2
Provenç. bocaran ; catal. bocaram ; ital. bucherame. On donne pour étymologie bouc, boc, boc-ar-an, à cause que l'on suppose que le bougran fut d'abord de poils de chèvre ; ou bien l'italien bucherare, transpercer, ce qui donnerait à bougran le sens étymologique d'étoffe à mailles peu serrées.