BOITER

Prononciation : boi-té
Nature : v. n.

Marcher en s'appuyant imparfaitement sur une des jambes et en inclinant par conséquent le corps plus d'un côté que de l'autre. Il boite du pied gauche.
Homère dit que, quand les bienheureux immortels virent Vulcain qui boitait dans leur maison, il leur prit un rire inextinguible , LA FONT. , Psyché, I, p. 97
Vous boitez tout bas , RAC. , Plaid. II, 13 Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
Dans boiter, boiteux, etc. l'usage a abrégé la syllabe oi ; et l'orthographe, ne connaissant pas l'étymologie, et ne consultant que l'usage, a écrit boiter ce qui devrait s'écrire boîter, boîteux, etc. BOITER, CLOCHER. Autrefois clocher était le seul usité, et il n'y avait pas lieu à synonymie Depuis boiter s'est introduit et a expulsé, à peu près complétement, clocher de l'usage au sens propre. On dit présentement qu'un homme boite, et non qu'il cloche ; et, si on se sert de clocher, c'est dans le style familier et pour donner à l'idée un tour plaisant. Mais clocher est usité au figuré de préférence à boiter, qui n'a guère d'emploi en ce sens : une comparaison cloche ; il y a quelque chose qui cloche dans cette maison. On remarque que, par faute sans doute d'un adjectif répondant à clocher et qui existait dans l'ancien français, clop, l'adjectif boiteux reçoit très bien le sens figuré. Wallon, boistî. Le wallon indique l'étymologie, qui est boiste (boîte), boîte s'employant pour articulation : dé-boiter, faire sortir de l'articulation ; boiter, avoir mal à la boîte, à l'articulation. 1. BOITER (être boiteux). Ajoutez : - HIST. XVIe s.
Luy, l'ayant un peu contemplée [une femme] et apperçue qu'elle boittoit , MONT. , I, 296
Voy. boitter, orthographe plus usitée, au Supplément.