BLUTER

Prononciation : blu-té
Nature : v. a.

Passer la farine par le bluteau. XIIe s.
Offrirent à David riches dras de lit, e tapiz, e vaissele, e furment, e orge, e farine, e flur deliéement buletée , Rois, 185
XIIIe s.
[Le pain] Noirs ert [était] et pleins de pailles, [il] ne l'ot pas beluté , Berte, XLV
Estatins lor envoie et char et vins et blés, Et le fuere et l'avoine et les pains buletés , Ch. d'Ant. II, 79
XIVe s.
On ne trouvoit adont farine buletée, Ne de vin, ne de pain, char fresche ne salée , Guesclin. 11047
XVIe s.
Je luy dis aussi que beluter parfois, pestrir et secouer les habillemens de lits, et les ranger, c'estoit un exercice bon et sain , LA BOËTIE , 193
La belle meschine [jeune fille], pour faire des pastés, blutoit de la farine , MARG. , Nouv. XVII
Wallon, boti ; rouchi, bulter. Les étymologistes tirent ce mot de l'allemand beutel, bourse, tamis. Mais Diez indique une étymologie qui, bien que plus compliquée, paraît mieux répondre aux diverses formes. La forme la plus ancienne est buleter ; cela est dit pour bureter ; on trouve en effet dans la Bible de Guiot (XIIIe siècle) et ailleurs (voy. l'historique de BLUTEAU) buretel pour bluteau ; le bourguignon a burteau ; l'italien a burattello, buratto ; le provençal, barutel, bluteau, barutelar, bluter ; l'ancien catalan a barutelz ; l'r est donc aussi autorisée que l'l, dans le mot, qui, dès lors, signifiant passer par une étoffe comme l'étamine, vient de bure, bureau, sorte d'étoffe. BLUTER. Ajoutez : Absolument.
On dit que la femme aux bras tendus a le bras droit trop court, qu'elle blute, et qu'on ne sent pas le raccourci , DIDER. , Oeuvr. compl. 1821, t. IX, p. 50
XVIe s. Ajoutez :
Que l'aucteur.... se presente, par bestise ou par finesse, un peu obscurement et diversement, il ne luy chaille : nombre d'esprits, Je beluttant et secouant, en exprimeront quantité de formes, ou selon, ou à costé, ou au contraire de la sienne, qui luy feront toutes honneur , MONT. , II, 353